Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIISTOlllE SOCIALISTE 1117 leur lerr~ tantôt au nom clc la suœrainelé fi-odale, tantôt au nom cle la communauté. El les paisans propriétaires a-piraienl il lihfrer leur domaine de toutes ce, inlenenlions, leur propriété de toutes ,·es re:-Lriclions: ils aspiraient, selon le mol de Boncerf, à la simpliOcation g(·nt'-r~lr ,1,, leur propriété, aussi bien contre le faible el pauvre communisme ùt• Yilla~e que contre la puis,anle oligarchie nobiliaire. Ainsi, ils s'accordaient avec la plupart des seigneur, ou de leurs fermiers pour restreindre autant que po-sible le droit de glana1se el de vainc pâture. c·est pour répondre à ce mou\'emenl que la royauté arnil, par une série d'édits ou d'arrêtés du Parlemt•nt. not,mment par lï·dil de clôture de 1700, accordé aux propriétaires le droit ~•enclore leurs terres, dans des conditions déterminées : et ce droit dl' clôture a\'ail soulel'é dan, les campagnes des contestations très ,ives. JI était approu,é et dcman(I(> par lepropriétaires riches, et combattu par les pauvres. Les cahier~ des El'lh gûnéraux portent à propos du droit de glanage et dr vaine pâture la marque de ces hésitations el de ces luttes. Ainsi, la communauté du Bourget demande dans l'article lù de ses cahirrs, • qu'on rrmellc rn Yil(ucur les ancicnr,'glements qui enjoignent à tous fermiers cultivateurs, de laisser leur champs libres après la moi-.on, au moins l'espace de , ingt-quatrc heures, pour la facilité des glaneurs. • c·c,l la preu\'e que là, le droit excim,if de propriNé avait fini par éliminer jusqu'au glanage : la paroi•~r ll'Epina)'·lc-Sainl•Dcni, demande • l'e,écution des lois sur le glanagr • et on ne sait si elle ent,•rHl par là qm• le glanage supprimo doit être rétabli, ou au contrdire que le glanage dt-réglé doit être ramené à une ju,te me,-ure. La paroisse de la Queue en Brie demande " que les arrNs et ri'glemenb rendus sur le glanage dans les moissons soient e,écuté, suhant leurs forme, el teneurs, et qu'il ne soit permis à l'avenir, de glaner qu'aux pauvres infirmes et à ceux qui ne peuvent absolument point vaquer au, occupations de la moisson. • Ici c'est l'opposition au glanage qui remporte: et il est clair que si seuls, les infirmes, ceu~ qui sont absolument incapables de tout travail sont admis à glaner, le glanage e:-l à la discrétion des propriék1ires; car il dépend toujours d'eux de troul'er insurflsanl le degré d'infirmité et de pauueté du glaneur. La noblesse du Boulon nais, en l'article glanage de ses cahiers insiste presque ,iolemment dans le môme sens d'e~clushbme propriétaire.,, S'il n'y avait que les enfants et les gens hors d'état de travailler qui glanassent, celle espèce de dime serait regardée par les propriétaire des champs comme une charité à laquelle ils seraient bien éloignés de s'opposer; c·est actuelle- - ment une profession pour les fainéants et vagabonds; non seulement ils n'attendent point que les grains soient pliés ou rentrés, mais ils prennent aux javelles et aux gerbes, el vont nuitamment en enlever; les propriétaires el tes fermiers ne sont plus maitres de leurs champs lors de la récolte; tan-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==