J84 Il ISTOIRE SOCIALISTE leurs s'enl(>rcsscr d'élou[er celte émulation dans les canlons où la dime des prés (la dime verhl) n'est pas clue. « lis se font payer la dime..sur les prairies nouvelles cl sur les prairies arlificifllcs. lis menacent el intirnidenl les I>lus faibles, qu'ils forcent ainsi de leur payer celle sorte de cllme... » « Or les suilcs de ces usurpations sont mcurlrières pour l'agricullure. Il c,l facile de prouver que la dime du onzième sur des vignes et sur des prairies uouvelles, genre d'exploitation très coùleux, ne peul être moins que le cinquième et presque loujours le quart el quelquefois le tiers du produil net. L'inlrod uction de cc droil énorme sur les prairies, ne peut donc qu'épuiser le cultivalcur cl le décourager. Cel alms forme encore de nouvelles enlraves par le désavantage que l'on trouve à défricher d'anciennes prairies donl les décimateurs ne prennenl poinl la dîme pour leur en subsliluer de nouvelles sur lesquelles ils la prélendcul. C'esl précisément ce convertissrlllenl continuel de pmiries en terres labourables et de terres labourables en prairies qui fertiliserail le sol, revivifierail l'agriculture cl ranimerait les cultivaleurs: et c'est à celle réforme salutaire que sopposenl les décimaleurs conlre la raison, la justice cl leur propre inlérêl. » li csl visible quïl y a loul un mouveme,11 d'idées, loul un syslème de pratiques nouvelles, et dans les dernières phrases cilées c·est la disµarilion de la jachère, c'esl-à-dire la première allirmalion éclatanle de l'al!ricullure intcn ive qui esl annoncée comme prochaine, si l'ineplie du système social 11cs'y oppose plus. De tous ces laits, de tous ces indices que je pourrais multiplier, il résulte arec évidence que le dernier Liers du xvm• siècle a été marqué par un grand progrès de la culture. Le gouverncmenl n'aurait pas promulgué l'édit du 14 janvier 1763 autorisanl le dessèchcmenl des marais el exonérant de l'impôl les terres ainsi conquises, il n'aurait pas promulgué l'édil du 13 aoùl 1766 encourageanl aussi, par une exemption d'impôl, le défrichement des terres à ensemencer sïl n'avait su que partoul des aclivités commençaienl à s'éveiller. :\lais voici la conséquence sociale immédiale el redoulable dè ce grand mouvement agricole. La cull•ll'e inlcnsive el perfectionnée ayant donné de !Jens résultats el permis presque parloul aux propriétaires, comme en témoignent les rapports de la société d'agriculture, d'élever le taux des fermages, les appétits des puissants furenl parloul excilés; cl ils s'appliquèrent résolument à fortifier el à élendre leur propriété privée, à abolir Ioules les restrictions que l'usage imposait à leur droil de propriétaire dans l'intérêt de la collcclivité. li y avail dans la propriété roncière de l'ancienne France plusieurs traits d'un communisme rudimentaire. C'élail le droil de glanage. C'élait le droit de vaine pâture: c'était surlout l'exislence des biens des communautés, de ce que nous appelons aujour-
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