Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

IIIS'l'OIRE SOCIALISTE 183 La Sociél6 organise, dans l'année 178U, des comices a~ricole, qui se tic11nent en chaque canton de la gé11éralilé de PariR, à l'l,ôtel-dc-ville ou au château. Pour prop.iger des espèces nouvelle!\ de moulons aux qualités dr laine supérieure, elle donne des llèlicrs au troupeau commun de chaque canton. Curieuse initiative el qui J11011lrcIlien que le progrès technique cl scientifique de la culture aurait pu ,c concilier avec le maintien el même avec l'c,tcnsion des biens communaux. liais n'anticipons pas. Les travaux de la société royale de Paris eurent dans Loule la France .igricole un tel retentissement qu'elle esl considérée comme un modèle sur lequel doivent se créer des s ociélés de province. Je lis par exemple dans les cahiers du Tiers-Etal du Poitou: c li est à souhaiter suri.oui. qu'on adopte pour la formation de la société d'agriculture qu·on se propose d'établir à Poiliers, les règlements de la société d'agriculture de Paris; de celte manière on ne se bornera pas à la théorie sur le premier et le plus utile des arts. Les meilleures cullures seront encouragées; on favorisera l'amélioration des laines en fai~ant adopter l'usage des parcs domestiques d'après les principes de M. d'Aubenton; on multipliera les meilleures races de moulons; on en fera de môme pour les aumaillcs, po·ir trs chevaux el mulets, en veillant à fournir la province des étalons les p us convenables. • Et les cahiers de Chttlelleraull, quand ils combattent la dime, ne la rlénonccnt pas surtout comme inique el onéreuse au~ cultivateurs: mais comme contraire aux progrès de la culture el à la granrte rénovation agricole commencée dans la pro,•ince. Nulle part on ne sent mieux la contradiction entre le régime social suranné et l'essor des forces productil'cs: ce n'est pas parce que l'agriculture était en « décadence • qu'elle se révolle contre l'ancien régime, c'est parce que celui-ci arrête l'élan du progrès qui commence à se marquer. El i,n encourageant la culture sans avoir la force de supprimer les entraves qui liaient le travail, le gouvernement royal préparait lui-même sa chute. « On convient, disent les cahiers. qu'il n·esl qu'un remède efficace contre tous les maux (pauvres récolles d'un terrain maigre, rareté et chertè du bétail): c·e l de mulliplier les prairies naturelles cl artificielles. Le ynuvernement qui en a senti l'importance, a fait distribuer par ta voie de l'intendance, et drpuis, par cette de l'assr.mbtée provinciale, des instructions, pour enqager à mulliplier les prairies et indiquer les meilleures méthodes pour le faire : mais si les avantages de celle culture sont infinis pour la fertilité des terres, ils ,ont aussi infiniment coûteux. Il faut ajouter aux frais directs de la formation des prai.ries l'achat de graines et d'engrais, une nonjouis~ance durant les premières années qui gêne considérablement ceux qui ont le courage de former de pareilles entreprises. On voit quelques décima-

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