lllSTOlllE SOCIALIS1'1> 15() • Que Lous les droits qui n'ont jamais pu êlre une propriété, comme présentant une violaliun constante clu droit naturel soient supprimés, ain,i que ceux qui élanl une propriété dans le principe ont dû cesser de l'être par lïne,islence actuelle de h cause à laquelle ils étaient liés. " Entre les cieux branches de l'étau il est impos,ilile que la propriété féodale el ecclésiaslique ne soit pas écraséé. Cette combinaison du droit naturel el du droit historique est un coup de maitre. '.\ïnvvquer que le droit naturel, c"étail rendre difficile l'abolition de celle part cle la propriété féodale qui résultait manifestement d'un contrat, cl l'abolition de la propriété ecclésiastique constituée bien mu vent par des donations 1olontaires. D'autre part, n'invoquer que le droit historique, se borner à élalilir que la propriété était périmée parce qu'elle ne réponùail pins à son objet premier, c"était soumellre toute l_aI ropriété, y compris la propriété bourgeoise, à la loi du temps et introduire en elle comme une menace lie caiucilé. Au contraire, dans la théorie du Tiers-Etal, la propriété botll"geoise s'opposait doublement à la propriété féodale el ecclésiastique: car elle était d"abord conforme au droil natur!\I, puisqu'elle procédait de la libre activité de l'homme, et elle était aussi conforme au droit historique puisqu'elle rérondail el répondrait toujours à son objet qui était de donner une forme concrète el une garantie à la liberté des indiridus. Ne nous plaignons pas que la hourgeoisie ail invoqué le droit naturel pour justifier el fonder la propriété liourgcoise. Ericlemmenl, elle transposait dans l"ordre du droit éternel une périodr de l"histoire humaine. Par une musion singulière, elle croyait que l"état bourgeois où le, possédants font travailler à leur profit les salariés était !"expression définitive du droit humain, l'nccomplissement de la nature humaine. ~lais celle illusion môme donna aux révolutionnaires de 1789 la force d'alJolir la propriél.ô food,,le el la propriété ecclésiastique séparées de la propriété bourgeoise par toute la nistance de la force barbare au droit naturel. ·ue là, la précision el la vi_gueur avec lesquelles les cahiers demandent la suppression ou tou, au moins le rachat obligatoire des droits féodaux. De là aussi la hardiesse exceptionnelle de quelques cahiers qui, devançant le mouvement de la Révolution, déclarent que les biens ecclésiastiques <loivenl ôlre 1·endus et que le produit cle la vente doit être consacré à assurer le paiement de la dette. El qu'on ne se méprenne point sur la portée de celte disposition. 'l'andis qu'aujourd'hui la disparition du service de la delle, comme de toute la propriolé capilalisle, et l'organisation de loul un sysl,'me nouveau de garanties et de droits est une nécessité révolutionnaire, en 1789, c'c,l le maintien, c'est la consolidation de la delle qui esl l'acte révolutionnaire par excellence.
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