154 IIISTOlllfl, SOCIALISTE france des pay,a11s, onl ainsi élé amortis, el il faut que bien souvent fhislorien remonte des ca11aux où le 'l'iers-Étal a comme régularisé sa .Pensoe au, sources vives el irritées de, Cahiers de paroisse. ~lais, en revancl1c, en ne porlanl aux Étals généraux que les vœux enfin concentrés des Cahiers des bourgeois, des artisans, des paysans, celle procédure électorale donnait aux reYcndicalions du 1'iers-Etal une pui.rnnce d'unité el d'action incomparables. Il y aurait eu péril si, à rassemblée générale el définitive, les délégués du 'l'iers-Élal avaient rédigé le Cahier définitif d'accord avec les membres de la nohlesse el les membres du clergé, el s'il5 avaient aussi nommé les députés aux Étals généraux d·accord avec les deu, autres ordres. Le 'l'iers-Élal se garda bien de tomber dans ce piège. Le règlement royal préYO)ait indifféremment. pour l'assemblée générale du bailliage, l'action séparée de chaque ordre ou leur action combinée. Il déclarait que les délégués des trois ordres pouvaient se réunir PO[!r rédiger ensemhle un Cahier commun el nommer ensemble les députés; mais il déclarait aussi que si un des ordres s'oppo;ail à celle action commune, chacun des ordres rédigerait son Cahier à parl el nommerait à parl ses députés aux États généraux. PJrloul, ou presque partout, c·est à parl que les ordres délillérèrenl el rotèrent. Autant, dans les Étals généraux, le 'l'iers-Élal ,era ardent à réclamer la confusion des trois ordres el le vote par tête, parce que ce système lui donnait la majorité; autant, dans la formation du Cahier el le choix des députés, il réclamera la délibération distincte et le vole distinct des ordres, afin de préserver sa pensée de toute influence contraire ou même simplement le tout mélange. Bien mieux, dans la plupart des Cahier, des villes, des paroisses ou des assemlllées préliminaires, mandat formel était donné aux délégués du TiersÉtal de choisir exclusivement comme députés aux Étals généraux des membres du 'l'iers-Élal, el même d"écarler ceux des membres du 'l'iers-Élat qui, comme régisseurs, fermier;, juges seigneuriaux, pournienl être dans la dépendance de la noblesse ou de l'É 0 lise. c·est en dérogation de celle règle générale que ~lirabeau el Siéyès, en leur qualité de révolutionnaires, furent choisis par le Tiers-Élal; mais à Paris le rigorisme de classe de la bourgeoisie était poussé si Join que pour l'all!Jé Siéyès, il y eut quelques difficultés et quelques protestations. Enfin, l'éclat extraordinaire de ses livres empor,a toul el il ful élu, malgré son origine d'Église. Sauf ce, exceptions, qui n'étaient vraiment pas contraires à l'esprit de la règle, le Tiers-Etal députa exclu,iYcmenl à Versailles des hommes à lui, élus sur iles Cahiers à lui. Ces Cahier, sont admirables d'ampleur, de ,ie, de netteté el d°L1nilé. Je ne voudrais vraiment pas, en cet exposé historique loul à fait impersonnel el sincère, 11arallre animé d'un esprit de polémique contre 'l'aine. Mais il a
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