131) IIISTOJnE SOCIALISTE tant, qui ne ,cul point abolir la civilisation et qui fait appel au peuple, commence à percer. Je ne parle pas du tcslamenl du curé :llcslier, si populaire et si profond qu'en soit !"accent communiste: car Voltaire, qui en publia les partie, dirigées contre !"Eglise se garda bien d'en publier les parties dirigées contre la propriété. Mais le Code de la nature de :llorelly, esquisse avec force un communisme vivant el hardi qui ne serait pas un triste retour à la pauncté primithe, el qui mettrait au serYice de tous les ressources de l'humanité. Mais Da!Jeuf lui-même, dans une lcllre datée de 1787, deux ans avant la fiérolulio11 demande s'il ne serait point po•si!Jle, clans l'étal actuel des connaissances humaines d'assurer à tous les hommes la Jouissance commune de la terre cl même des produils de l'i11d11strie: cc rnnl les premières lueurs du communisme moderne et indu,lricl; ce n·csl plus le communisme purement agraire, primilir cl réaclionnaire, et on pressent que celui-ci pourra aroir des prises sur le prolétariat des usines, sur le peuple des mines, des hauts-fourneaux, des grandes cilés éblouis,antcs cl misérables. Un des premiers objets de celle histoire sera certainement de rechercher comment à l'arrière-saison ardente encore et désespérée de la fiévolulion bourgt•oise le babou,·ismc a pu éclore. :liais en 1789, à l'origine même du mouYemcnt, les germes communisles sont imperceptibles el mystérieux: le peuple de Paris les ignore. Et les rares brochures qui gémissent sur le sort des manouvriers, qui comparent le pauvre peuple au mulet portant bourgcllisic cl noblesse n'ont que peu d'éclat el presque point d"elîet; car elles ne tracent au prolétariat aucune politique nette, aucun chemin. En min le che"alier de )foret écrivait-il en ii89, dans une phrase d"ailleurs ambiguë: « On a lori de considérer le Tiers-Etat comme une seule classe: il se compose de deux classes dont les intérêts sont dilîérenls el même opposés. • Car en ii89, au moment où le Tiers-Etal avait besoin de toutes ~~s forces, populaires et bourgeoises pour aballre l'ancien régime, celle décompo,ilion en deux classes hostiles pouvait Oire une hardiesse ullra-révolulionnaire. Elle pouvait Olre aussi une manœuvre de conlre-fiéYolulion. Comment d'ailleurs les prolétaires auraient-ils traduit en acte celte dualité de cla,se? Allaient-ils attaquer la bourgeoisie au nom du droit ouvrier il !"heure m~mc où elle attaquait l"ancien régime? lis auraient maintenu ranci~n régime cl travaillé contre eux-mêmes: car la classe ouvrière ne peul grandir que par la démocratie, el le communisme, unilé suprême de la production el de la vie, suppose la di-parilion du morcellement féodal, du bariolage des coutumes et de; caste,. Donc, rnéme sïls avaient eu une conscience claire de classe, méme s'ils avaient formé un Tiers-Etal ou,rier se dislinguanl nettement du Tiers-Etal bomge,i~, les prolétaires auraient, dan:; leur propre intérêt, marché avec la !Jourgcobie révolutionnaire.
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