i30 l!ISTOTR8 SOCl,\LTST8 avoir l"l'normito ùe Paris, Lyon cl 1larseille 6laicnL ùe grande, villes, cl nous a,on,; vu notamment pour Lyon, qu 'leR élections avaient pu se faire par corporation : c'est que la pres 1ue tolllil6 des hallilanls se réparli•sül en un petit nomlJre de vaste, corporations. La diver~ilé, la mollililé, J"enchevêlremenl de la vie de Paris ne permettaient guère celle réparlilion prore»ionnelle, el c·esl peut-être cc qni cléro1.,ail à. des yeu,; d'ailleur, pré1enus comme ceux de )lirabeau l'actil'Ïl<:' inrluslrielle el marchand•' de la grande YiIle. En tout cas, celle di l'i,ion par quartier, gui ne rlémembrail pas la hour,:eoi,ic p:iri-icnne, mais qui, au cou•rnire. réunb~ail en une même a-;:-()mblée, en cha11uc arrondissement, loule:5 les force:,1.iourgeoi~cslé, gi::;te.;, 1uéJccins, fabricants, négociant..;, ~a.r·1nt, r:t philo$opbe,, a l!ouné d'emblée au Ti,•r,-Elal p:irisien u,w force de pre:11ier or,lre. C'est de ce règlement royal du 1:; a,ril li80 que procèdent le, districts et toute la Yie ré,·olutionnaire de la Commune parisienne. )lais ce r1'glement mème était rendu nécessaire par l'ampl<'ltr de la l'illc démesurément accrue depui:; un :;iècle el par la véhi·mrncc du I mllillon social qui mêlait tous les atomes humains. En tout cas, maitresse des litre, <le rcnL•, el de la plupart des actions des compa;;nies de banques, d'a,surances, de transport, d'approvisionnement, propriétaire de la plupart des immcublrs, enrichie par les offices de finance el de judicature, pui:;sanle par des industries diverses, tantôt concentrées en des quartiers distincts, comme la tannerie à. Sainl-)larcel et le meuble à Saint-Antoine, tantôt disséminées cl enchevèlrties, comme les Îl1dustries du Yêtemcnt ou de l'alimentalioo, la bourgeoisie parisienne était, à. la veille de iiSû, la force ,011veraine de propriété, de praduclion et de consommation : la puis$ancc des nobles el de, prêtres, pareille aux vieilles abbayes ou aux vieilles demeures aristocratiques, n'était plu, à Pari, qu'un Ilot croulant que la vague éblouissante cl haute va recouvrir. C'est par ce,lle grande puissance de richesse qui lui donnait une grande puis;ance ùe consommation, même pour les objets de luxe, que la bourgcobie de Pari, groupait autour d'elle le, prolétaires. C'est par là. que, dans la première période de la Uévolulion, jusqu'au 10 aoîll el même au delà, elle a pu en somme les maintenir clans son orbite. Si les nobles avaient détenu à. Paris ) le plus gros de la fortune, ils auraient pu, par l'émigration ou même par Je resserrement syslém~Lique de leur, dépen,cs, déterminer un chômage inour el prolongo auquel nulle ;ociéLé ne résiste. Ou bien la Révolution se serait enfoncec dans cet al,lme, et le veuplc affamé, désespéré, aurait redemandé les maitres ,!'hier qui, du moins, en achetant les produits des manufactures et les chef,-d'œll_l rc des ateliers, le f.iisaienl vivre. Ou bien une violente révolution ou,rièrc aurt1il,comme une vagw.~furieusedépassant une vague îrrilée, recou• vert la 1lé,ol11L!on!.iuUl'gcobe. c·~st celte crise économique terrible qu'espéraient le, cmi 0 rè, cl la Cour.
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