HISTOIRE SOCIALISTE 109 national; il est simplement le champ de bataille où se heurtent les [actions, où les hommes du Nord et des Flanùre,, sous la bannière du duc de Bourgogne sont aux prises al'ec le, h Jmmes du ~licli et de Gascog-ne conduits par les d'Arm:.gnac. Il se borne à rournir aux partis rivaux l'appoint de ~es forces bourgeoises et populaires, au hasard des passion, l!'s plus grossières ou des intérêts les plus mesquins. 11est, dans celte nuit si longue et si triste, comme une torche incertaine, secouée à tous les vents. Il n'e,t pas la grande lumière c1·unité et de salut commun. Le salut, la parole décisive ,iendronl de la France rurale, avec Jeanne d'Arc, douce héritière du brulai mouvement des Jacques. Plus tarù, au seizième siècle, quand la Réforme religieuse rail [erinenter tous les éléments de la vie française, quand le conflit de la royauté moderne, de; princes, des petits nobles, de l'Église, de la bourgeoisie, s'exaspère jusqu'à menacer l'unité nationale el lïnclépendance même de la patrie, quanJ les Guise, appuyés sur les moines el sur la démagogie cléricale de h Li.,;ue veulent abolir à la fois l'autorité du roi et la liberté nais:;anle de la pensée, el décidé,nent apr,ellent l'Es~agne, quand les protestant; martyrisés demandent du secours à l'Allemagne el à l'Angleterre, Pdris 111anque à son grand devoir national. Il anrail ch1 défendre à la fois l'unité de la France garantie alors par le pouvoir royal et la liberté de la conscience religieuse qui se fùl peu à peu co111metransmu~e en liberté politique. Au contraire il se livre aux prMres et aux moine-, il écrase et brille la bourgeoi~ie 1>rotestante, il oblige le protestantisme à se réfugier dans les manoirs des petits nobles et à contracter une forme féodale et archaïque qui répugnait à son principe, et il élève au dessus du l\oi, de la nation et de la conscience, 1'11:glisebru laie et traitresse, alliée de l'étranger. Il faudra enfln qu'avec le Béarnais la ruyauté moderne, nationale el tolérante fasse le siège de Pari:; cléricalisé el espagnoli;é. Il raudra, chose inouïe, une déraite de Paris pour assurer la victoire de la France. D'6ù vient celle sorte d'aberration? D'où vienl celle aliénation de Paris, infidèle au libre génie de la France el à l'indépendance cle la pal rie 9 Ce triste phénomène ne se peut expliquer que par l'incohérence, la contradiction presque insoluble des candi.ions économiques dans le Paris du seizième siècle. La bourgeoisie industrielle el marchande avait grandi : elle a mit assez de force économique pour être en même temps une force morale; el elle appliquait aux choses religieuses, la gravité, le besoin d'ordre, de clarté, de sincérité, que lui avait donné la pratique honnête el indépendante des affaires. Mais l'Église, avec laquelle une partie de la Lourgeoisic entrait ainsi en lutte, disposait dans Paris même, d'une force économique écràs.rnte. Elle y pos,édait des couvents, des ht,pilaux, des abbayes sans nombre et elle nourris~ait une énorme clientèle de mendiants ou de pauvres ou même d'ouvriers attachés à son service ou accidentellement sans tra,ail. Elle pouvait
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