LES PLUS-VALUES IMMOBCLIÈRES 77 dent Conseil. La Ville pourra décider que ces travaux seront faits en vingt ar,s, sans trouble, sans bouleversement de quartiers (source trop fréquente d'épidémies), Elle réalisera ainsi un gros problème sans avoir recours à l'expédient odieux de l'emprunt. L'emprunt, c'est l,1rente ou perpétuelle ou pesant sur plusieurs générations. La rente, c'est le servage perfectionné. Le calcul des charges qui pèsent sur les habitants de la ville de Paris en fait foi. Qu'est-ce que l'esclave pour l'éwnomiste? c'est un homme dont le travail fournit un double produit : 1° Ce qui est nécessaire à l'esclave pour se nourrir, se loger, s'entretenir et pour nourrir sa famille et ses petits; 2° Une somme qu'on appelle communément le bénéfice net. Ce bénéfice net appartient au maitre. Voyons maintenant quel est l'état véritabk du contribuable de la ville de Paris. Dans ce calcul, nous nous garderons bien de suivre la méthode des économistes qui divisent le chiffre du budget par le nombre des habitants. Le seul homme qui paie le budget, c'est celui qui produit; les femmes, les veillards, les infirmes, les enfants ne produisent rien. Ils sont nourris par le produit du travailleur effectif. La moyenne des producteurs réels ne dépasse pas un pour quatre et demi ou cinq habitants. • Prenant cette base, si nous di,·isons le chiflre des 2-10 millions du budget par celui de 450,000 travailleurs producteurs, nous voyons que chaque producteur paie environ 500 francs à la "ille de Paris. li faut ajouter à ce chiffre la part du budget départeme,·,tal, soit en,iron 60 francs (chiffres ronds). Complétons ces deux chiffres par la part des impôts payés à ]'Êta: qui ne s'élève pas :i moins de S à 600 francs et nous arriverons à ce résultat digne de l'attention de tous : c'est que chaque producteur est obligé de préle,·er sur le produit net de son tr.1vail de 1 ,ooo a 1,200 francs par an pour payer l'impôt de la Ville, l'impôt dép,irtemental, l'impôt de l'État. Quelles é.:onomies un pere de famille peut-il faire dans d'aussi graves conditions, après avoir payé sa nourriture, son loyer, son entretien? Quelles épargnes lui sera-t-il possible d'amasser pour assurer un établissement a son fils, une dot :i sa fille? La réponse !t cette question nous sera faite par la stastique des Pompes funèbres : Soixante-six pour renf de la pop11latio1v1a dor111irdans la fosse co1111111111e ! Si les Etats-Unis d'Amérique font des efforts aussi prodigieux pour supprimer la rente de l'État contractée pour abolir l'esclavage des noirs, c'est qu'ils sont convaincus que la rente c'est le servage perfectionne, c'est l'esclavage des blancs! La conclusion rigoureuse, c'est qu'il faut proscrire l'emprunt comme un fléau pour la République. Cependant personne ne veut arrêter les grands travaux de Paris : donc il faut recourir sans hésiter au principe équitable des articles 30 et JI de la loi de 1807. En conséquence nous avons l'honneur de vous proposer le projet de délibération suivant : ARTICLE UNIQUE. - Les propriétaires d'immeubles situés dans Paris seront invites amiablement à partager avec la Ville l'augmentation des loyers (défalcation faite de l'intérêt des travaux d'amélioration qui seront faits dans leurs immeubles). Sur leur refus, il leur sera fait application des dispositions des articles 30 et 31 de la loi du 16 septembre 1807. Un seul exemple, afin d'illustrer en quelque sorte la proposition que nous exhumons : Lorsque vous sortez dans Paris du côté de !'Hôtel des Postes, il vous est aisé de constater que tout un coté de la rue Jean-Jacques-Rousseau a été exproprié, tandis que les maisons de l'autre côté de cette même rue sont demeurées intactes. Les propriétaires des immeubles expropriés ont reçu le paiement de ce qui leur était dû. Pourquoi n'a-t-on pas récupéré une partie de ces indemnités légales en faisant usage de la loi de 1807 contre les
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