70 LA REVUE SOCIALISTE de ses plus belles rues, sous l'impulsion d'un homme éminent qui n'est pourtant pas socialiste, ~!. Chamberlain lui-mème, ai<lé par un conseil de négociants et de bourgeois qui ont cru simplement remplir leurs devoirs d'administrateurs en assurant à la Ville un brge revenu destiné ù être consacré i des buts généraux d'utilité publique? Pourquoi le conseil municipal de Paris, s'il ne veut ou ne peut acquerir des terrains et des maisons, ne garde-t-il, du moins, intact le domaine qu'il posscde ? - Et s'il n'ose ou ne peut y construire des maisons de rapport, pourquoi ne louerait-il pas ses terrains aux enchères, au plus offrant, pour de longues pèriodes,avec obligation pour le locataire d'y bâtir ? L'on trom·crait des entrepreneurs de constructions qui, n'ayant pas les moyens de s'offrir l'achat d'un terrain, espéreraient pouvoir en payer la location, tout en :1mortissa11tle capital employe et en percevant un profit industriel. Au progrès de la civilisation correspond la progression des dépenses budgétaires, pour la satisfaction desquelles de nouvelles recettes seront très prochainement nécessaires. Il est prudent, il serait sage d'y songer dés aujourd'hui. Or les exemples donnés démontrent, avec une éYidence indiscut;ihle, que les villes pcuYcnt ètre d'habiles percepteurs <lerentes et aussi d'heureux constructeurs de maisons. Bref, la deYolution aux municipalitcs de la rente urbaine est non seulement une théorie économiquement juste, mais un fait déjà n'.:alisé d;ins le monde économique moderne, à l'ayantagc présent et futur des villes qui l'ont entrepris. Il faut attribuer :'tb commune les fruits opimes de la rente immobilière. * * Tout le monde conn,lit les théories des économistes anglais et américains sur l'U11cnmctl]11cre111e11t des Gro1111d l'11!11es, théorie que l'instinct populaire des Yillcs traduit ainsi : « On ne traYaillc que pour le loyer. » Cc dicton parisien est d'une justesse profonde. L'activité de la ruche en traYail a pour résultat le plus clair de grossir les revenus du propriétaire. Tandis que l'intérêt des Yaleurs mobilières baisse partout, le rcYenu des maisons urbaines augmente sans cesse. Un père de famille qui, il y a Yingt ans, a acheté de la rente 5 °/ 0 Yoit son revenu se réduire progressivement. Le propri~taire qui, il y a Yingt ans, a acheté un immeuble à Paris ou dans une arande Yille a (0nstamment atw- o ' I"') mem<'.s:es loyers et les augmentera encore.
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