LA REVL'E SOCIALISTE tcrr.iin économique contre les patrons et attendant tout de l'action syndicale. Et œ mouvement, contrairement à ce que seraient tentés de croire ceux contre qui il est plus particulicrement dirigé, est bien socialiste. Les ouvriers qui le conduisent ont une conscience de classe très nette. Seukment, ils n'ont plus la foi en la révolution politique qui dnait précéder et accomplir, à coups de fusil, la réYolution sociale promise. lis sont restés néanmoins des révolutionnaires. S'ils ont rejeté la possibilité du millénaire social :innoncé tout d'abord ·par le socialisme à ses débuts. ils n'ont pas abandonné l'espérance de réaliser la transformation magique autrefois entrevue. Mais le moyen de réalisation a change. Ce n'est plus à coups de fusil qu'ils comptent faire capituler la socicté bourgeoise devant leurs sommations, c'est en se croisant les bras. La grève générale, comptent-ils, doit amener la bourgeoisie à se soumettre et a se démettre devant le prolétariat debout, tranquille et les bras croisés. Les théoriciens du coup de fusil se gaussent fort de cette conception et même la dédaignent. Ils refusent d'y Yoir la fille naturelle de leur propre conception catastrophique et diluvienne du progrcs social. Au fond, elle est la sœur cadette de l'autre, de celle que Guesde et \'aillant préconisaient au Congrès. Elle ne diffère de l'autre que par les moyens. Celle-ci a même pour elle l'avantage d'être plus ·naisemblable que la première. Car s'il est difficile à l'ouvrier d'acheter un fusil, il lui est possible de se croiser les bras. Et le nombre des bras croisés pourra toujours être supérieur à celui des bras armés. On voit combien sont dangereuses à la longue les formules brèves et les images violentes trop hâti,·ement et habituellement prodiguées. * * * ~lais tout en poursuivant un idéal social de classe, l'expropriation de la bourgeoisie par la coalition des ouniers groupés en syndicats aboutissant à la possibilité d'une grève générale, les syndicats sont appelés, par la nature même des intérêts économiques qui est leur raison d'être, à lutter, au jour le jour, sur le terrain des réalités pratiques et professionnelles. De telle sorte que, tout en caressant l'espoir du miracle révolutionnaire, ils n'ont pas perdu pied. Au jour le jour, leur action tenace et opini:nre fait céder la loi d'airain économique, réalise des améliorations_ partielles et les rend susceptibles de ressentir expérimentalement les résultats bienfaisants de tel progrès réalisé, se traduisant par l'obtention de conditions d'action ou de travail meilleures. C'est ainsi que l'arrivée de Millerand au pouvoir et les mesures prises par le ministre socialiste ont été trcs faYorablement accueillies
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