LE CO:S:GRES SOCIALISTE dans les milieux syndicam. Et c'est parce que le Concrrés avait été convoqué à !',occasion de l'incident Millerand, que les s;·ndicats y ont envoyé des delégués, avec mandat de soutenir ceux qui Yoient dans la parti_ci?~t~on d'u.n '.ninistre socialiste à un gouvernement bourgeois la p~ss1bt_ltte de 1:eal?er quelques réformes, qui sont autant de points d appui au proletanat pour son action ultérieure. Tous les orateurs syndicaux qui se succédèrent à la tribune exprimèrent la même opinion, à saYoir: que la classe ouniére s'était sentie réconfortée par l'arriYée de Millerand au ministère, et que la progression du mouYement syndical est en raison directe des encouragements que la classe ouvrière trouYe dans le gouYernement et en raison inverse des hostilités que les groupements corporatifs rencontrent dans la politique générale des cabinets modérés ou réactionnaires. li eût été intéressant de mettre en parallèle les deux moyens extrêmes de révolution préconisés d'une part par Jules Guesde et \'aillant : la révolution violente - de l'autre par les délégues de syndicats : la greve générale. Malheureusement, je le répète, on effleura les sujets plutôt qu'on ne les aborda, et de tant de questions intéressantes posées devant le Congres, aucune ne fut résolue. li était important, néanmoins, de connaître l'opinion du monde du traYail, proprement dit. Elle s'est manifestée au Congrès d'une façon qui ne laisse aucun doute sur ses sentiments, et je suis heureux de cette manifestation, car elle montre que les syndicats sont tout prêts de se rapprocher du parti socialiste, du jour où celui-ci sen;ira autre chose que des creuses déclamations, des apostrophes virulentes à l'adresse de la bourgeoisie et des formules équiYoques comme celles qui furent présentées au Congrès. li faut observer, toutefois, à l'excuse de cette partie très critiquable de nos délibérations, qu'on ne pouvait espérer atteindre d'un seul coup dans un premier Congrès gcnéral du parti le calme de discussion et la profondeur de recherches que le temps permettra sans doute de réaliser par la suite, dans les sessions ultérieures. C'était la première fois que les cinq grandes organisations rivales dont sc compose le parti socialiste étaient en présence. Chacun apportait le souci de défendre sa personnalité propre contre l'absorption des autres. D'où les susceptibilités excessives, manifestées de part et d'autre, qu'on ne pouvait réciproquement ménager, qu'à la condition que chacun abandonnerait une partie de ses prétentions. EnsL1ite,malgré le temps de la préparation consacré à la convocation, le mode de centralisation excessive qui a présidé jusqu'à ce jour à la formation et au maintien des diverses fractions, a empêché la province d'être suffisamment représentée au Congrès. L'esprit socialiste en province est plus large que
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