La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LES PLUS-VALUES IMMOBILIÈRES L'hectare du terrain compris dans les vingt arrondissements de Paris Yalait en moyenne, au treizième siècle, 65 2 francs; aujourd'hui il vaut r,297,000 francs. Le métre carré a monté en six cents ans de dix: centimes et demi à 1 30 francs, et les r 30 francs actuels sont, bien entendu, une moyenne inférieure. Le Paris moderne vaut deux fois et demie le Paris de Louis X VI, huit fois celui de Louis XIV et cinquante fois celui de Henri!\'. La superficie totale de Paris a une nleur actuelle d'au moins dixsept milliards, sur lesquels seuls six milliards représentent la valeur effective des constructions, tandis que onze milliards sont l'équivalent du sol nu, sans aucune amélioration, enorme cadeau que la population fait aux propriétaires, grâce à son augmentation à travers des siècles de civilisation progressiYe. M. d'AYenel lui-même a terminé ses longues et laborieuses recherches parcet a\·eu : cc L'augmentation de la valeur du sol nu est purement gratuite. Elle ne représente le résultat d'aucun effort de la part de ceux qui en ont b{;néficié. » * * * «La classe des propriétaires des villcs,dit M.lc professeur Einaudi, ne remplit donc aucun rôle utile;elle se borne à tirer de son monopole le moyen d'extorquer aux individus un tribut toujours augmentant; elle exerce une influence néfaste sur la Yie économique et sociale tout entière. En attisant la spéculation foncière elle fomente le retour continuel et périodique des crises, qui sont déjà douloureusement funestes par elles-mêmes ; en gardant, par artifice, des terrains non bàtis, elle augmente la valeur du sol,le taux des loyers et accumule la population ou Hiére dans des quartiers immondes ... Les habitations pour les classes pauvres sont, en effet, un genre de placement trés rémunérateur, peutêtre plus rémunérateur que les logements pour les riches qui demandent de grands frais d'entretien. Enfin, d'un côté, la faiblesse d'une population qui est à la recherche de petits loyers et,de l'autre,la répugnance des propriétaires à courir les risques de la construction de nouvelles maisons coopèrent pour rendre plus aigu, dans les « siums», le • phénomène des rentes foncières et à perpétuer dans les grandes villes les quartiers immondes, perpétuelle menace à la santé publique et à la santé de ces mêmes propriétaires qui tirent de si larges profits de l' existence d'habitati_ons malsaines. » L'Office du Travail de Boston a demandé que l'on donnât l'autorisation aux municipalités d'acheter des maisons devenues inhabitables, non seulement dans un but hygiénique, mais pour des raisons d'utilité

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