1.'ii\"OLCTIO~ l)E L'ACCORD POUR LA \ïE 731 dustric rn,111ufacturière,qui.':l'èconomie rurale, c'est en cc sens seulement que les origines de l'un sont impliquées dans l'autre, qu'il ne s'en dégage que peu a peu, comme il arrive pour la philosophie, l'histoire et la prose, presque toujours originairement comprises en germe dans la poésie. (G. -Roscher, ibid.) L'invention et le procrrès du matl'.-riel ao-ricoleont des consé- o O quences considérables du point de vue qui nous occupe. Signalons les plus importants et leurs effets sur le régime de l'accord pour Yinc. La division du traYail franchit les limites de la famille. La socialisation de l'activité se substituant de plus en plus a l'activité individuelle, dans le passage de la distinction des personnes en maitres et esclaves à l'institution de castes plus nombreuses, rend plus consciente.encore la notion de la solidarité collectiYe. Nous ne parlons pas évidemment d'une ·conscience toujours et pleinement en 1:Yeil,laquelle n'est même pas -réalisée de nos jours, mais d'une conscience qui se fait, d'une solida- ,rité qui se développe ù traYers les manifestations multiples de l'égoïsme. ·Nous verrons ailleurs qu'aux diYers stades de l'évolution sociale la nécessité de plus en plus impérieuse d'une spécialisation des fonctions imposera de plus en plus l'accord et, donnant aux plus faibles le moyen de se rendre utiles, les soustraira aux conséquences extrêmes de la concurrence individuelle, transformera sans cesse les conditions de la vie, contribuera a niveler les inégalités naturelles par l'obligati'on d'une dépendance réciproque de plus en plus étroite, de laquelle les plus forts pourront de moins en moins s'affranchir, qu'ils seront ~n théorie et en fait (la résistance:\ l'oppression ou les grè\'es le prouvent) condamnés ù reconnaitre par le refus de l'obéissance ou la suspension des services chez autrui en cas d'abus (1). La di\'ision du traYail aboutit donc a ce résultat qu'un indiYidu ne peut se suffire à lui-1111:mes,ans le concours de ses semblables, que chacun a besoin de tous et que tous ont besoin de chacun, en un mot que l'isolement est impossible et la solidarité fatale, parce que les divers modes de l'actiYité s'appellent, se pénètrent et se complètent les uns les autres. (V. Emile Gautier, Darwi11ismesocial, p. 69. - Cf. Durkheim, Division du travail social, passim) (2). (1) C'est à tort que Hreckel voit dans la division du travail une justification de la hiérarchie. L'egalitê de droit, sinon de fait, découle plus logiquement de cette consi- ,dér:1tion que dans la ruche sociale tous les ouvriers sont utiles les uns aux autres, que travail intellectuel et travail manuel, travail des champs et travail des villes sont reciproquement indispensables. ll n'y a donc pas lieu d'exalter l'une au détriment des .autres. (2) Il y aurait sans doute naïveté, comme le remarque Gumplowicz (Lrtlle des races, p. 214-21ï), ,\ représenter la division du trnv~il comme une œuvre d'entente paisible, comme une espèce de contrat social. De nos jours même, le choix des professions n'est pas le fait d'une liberté complète. L'individu, sauf des cas excep-
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