La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

!.'ÉVOLUTION DE L'ACCORD POCR LA \1E ces conséquences, dit M. Bourdeau (Co11q11éldett 11/(Jllde a11i111al, Conc)usion), un des plus importants (1). Le gibier, protégé de la sorte contre les désastres de la concurrence, se multiplie en proportion plus grande. Dès lors est assurée la subsi'stance d'un plus grand nombre d'hommes moins entrainés par les fatalitès biologiques à se faire la guerre, mieux disposés au contraire à s'entendre pour améliorer par une action commune les conditions d'une existence auparavant si incertaine et si précaire. La guerre aYec les autres tribus devient aussi pour les peuples pasteurs moins inévitable de leur côté, quoiqu'ils ,puissent avoir à se défendre contre les attaques des troupeaux encore à l'état sauvage, parfois même à les repousser des cantons qu'ils envahissent, s'ils vivent en nomades. D'autres compètitions intestines pourront, _il est vrai, troubler la société pastorale. Par exemple, quand la population trop accrue sera à l'étroit dans le district qu'elle occupe, l'association courra 'risque <le se diYiser ou de se dissoudre, si une -partie des indiYidus n'émigre pas ou si de nouYeaux progrés n'augmen- -tent pas les moyens de subsistance. La réunion pacifique de quelques familles allant faire paitre leurs troupeaux ailleurs réalise encore un progrès dans le sens de l'accord pour vivre. Elle suppose en effet une diminution des instincts de combativité qui, en des temps plus rudes et plus grossiers, eussent armé les familles les unes contre les autres. Mais le progrès est encore plus sensible, quand la tribu sauvage ou quand la tribu pastorale, en restant sédentaire, cultive le territoire sur lequel elle a élu domicile, et, au lieu d'errer sur de vastes espaces, de changer de pacages et de se heurter sans cesse à des tribt{s concurrentes pastorales comme elle ou sauvages, devient colonie agricole ( état civilisé de Bourdeau, ·ibid.). La pratique de l'agriculture favorise le développement de la concorde. La protection des végétaux utiles, l'extirpation des plantes inutiles ou nuisibles oppose une nouvelle barriére aux forces qui tendent à dissoudre les groupes, en multipliant encore les produits nécessaires à la satisfaction des besoins et primitivement conquis à la suite d'une longue recherche et souvent au prix de disputes meurtrières. Un espace encore moins grand peut alimenter une population encore plus nombreuse. D'autre part, la nécessité d'un moins ,·aste domaine pour l'entretien du troupeau laisse aux tribus rivales une part plus considérable de territoire à exploiter. Sans doute aussi les clans agricoles restent encore exposés au risque de guerre (i) JI marque une ligne de partage dans les ?estinées de l'humanité : sa~~agerie stationnaire en deçà, civilisation progressive au dela. La guerre recule. « L~ penode de o-uerre se termine par un triomphe définitif, la domestication, et au sortir des longs ~ombats de la période chasseresse s'établit la tranquille domination de l'âge pastoral. » La durée de la période <le chasse est estimée il. 200,000 années de l'âge quaternaire. (Co11q11étdeu monde a11i111al, p. 369.)

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