La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'EVOl.üTION DE L'ACCORD POUR LA \'IE morales qui le cimentent n'étant pas, même approximativement, affaire de calcul. Or, on a calculé que la population primitive du globe habitable ne devait pas excéder huit à dix millions d'habitants. On sait combien elle a augmenté et on n'ignore pas que les pratiques éminemment malt.husiennes des Primitifs, avortement, infanticide, exposition des nouveaux-nés, etc., ne sont plus de règle gue chez quelques peupl:ldes attardées dans l'animalité ou ne réapparaissent chez les individus civilisés que sous la pression de circonstances particulières rheillant en eux, par un effet d'ataYisme, le sauvage originel. Nous n'ayons pas de données positives sur le rapport de la population croissante et de la civilisation progressiYe. Mais nos inductions sont justifiées d'annce par les comparaisons nombreuses qu'on a faites entre la population des pays sauvages ou barbares et celle des pays civilisés (r). Ainsi, d'après Lubbock, les parties sauvages du Mexique contenaient 374,000 habitants répartis sur un ·espace de 675,ooo milles carrés, tandis que le Mexique propre, avec ses 833,600 milles carrés, avait 6,691,000 habitants. li se peut que la population croisse plus vite que les moyens de subsistance, mais il est indiscutable que la multiplication des moyens de subsistance fa,·orise le croit de la population. Quand il y a diminution <lel'une, de civilisation a11térieure dans le temps à l'agriculture, semble au contraire demander une préparation plus longue" (pages 129-r 30). Suivent les preuYes prises dans le 'Nouve.rn-i\.londe. et en Chine et au Japon. De plus, certaines populations n'ont p:.s dépassé le stade de la cueillette, de la chasse ou de la pêche; d'autres·sont restées exclusivement pastorales; d'autres sont it la fois pastorales et agricoles, etc. En résumé, les civilisations pastorales et agricoles se juxtaposent dans l'espace beaucoup plus qu'elles ne se succèdent dans le temps. Mais ces stades, qud que soit leur ordre de succession, sont corrélatifs de progrès dans le régime de l'a.:cord pour vine. D'autre part, le stade de la cueil1ette est bien le premier stade de l'humanité: il n'en saurait être autrement dans l'hypothèse transformiste, et l'hypothèse transformiste est actuellement, comme l'a fait remarquer avec raison M. Yves Delage (Slruc/11rt t/11proloplnsmn, p. 184, note r), la seule qui soit philosophiquement admissible. (1) Empruntons encore quelques chiffres de comparaison à Lubbock (L'Homme pribisloriq11e, t. II, p. 262-263). Schoolcraft (Trib11r indiw11es) estime qu'en 1825 un chasseur indien occupait un quart de mille carré (97,000 Indiens occupaient alors 77 millions d'acres ou 120,312 milles carrés, sans compter le territoire du Michigan). D'après Simpson, gouverneur des territoires appartenant à la compagnie de la baie d'Hudson en 1857, des tribus comptant 139,000 habitants ét,tient réparties sur une étendue de plus de 1,400,000 milles carrés, auxquels il faut ajouter 13,000 milles carrés pour l'ile de Vancouve~, ce ~ui . f~it u1~ t~tal d~ 900,0?°,ooo. acres_, soit 6,500 acres ou 10 milles carre~ par JDd1v1du. L amiral F1tzr~y ..evalue a moms de 4,000 le nombre des habitants de la Patagonie, sans compter Chiloe et la Terre de Feu; or le nombre des acres s'élève à 176,640,000 acres, ce qui donne plus de 44,000 acres et de 68 ooo milles carrés par personne. Oldfield conjecture qu'en Australie les aborigèn:s étaient dans la proportion de I par 50 milles carré_s. Au contraire la population s'accroit avec la civilisation. Le Paraguay a 100,000 milles carres et de 300,000 à 500,000 habitants, c'est-à-dire 4 par mille carré. Le royaume d~ Naples, a plus de 18 3 habitants par mille carré, la Vénétie plus de 200, la Lombardie 280, 1Angleterre 28,,, la Belgique po.

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