LA RE\TE SOCIALISTE nrtu dt: leur iorce acquise t:t parce que l'homme se modifie plus vite que le régime, que Cl.!rtainesdispositions ont survécu aux neccssitl'.-s qui les av.1irnt fait prendre. De plus la t.'1chcdu pouYoir politique consider0, selon l't::xpn:ssion de Molinari, comme assurl.!ur de la concorde, devient aussi plus aisl'.:cpar le lait de changements dans les conditions d'existence des associl'.:s,parce qu'ils ont pour conséquence fatale, au moins dans l'intéric:ur dl.! la peuplade ou de la tribu, une diminution graduelle: <les compétitions possibles. Cc:ttcdiminution des compétitions se manifeste par le dé,·eloppcment des populations humaines, qui, s'il est un sign1: du progres dl.! la ci\'ilisation (\'Oir P. Mougeolle, Statistique des cÎî·ilisations), l'est aussi du progrès de l'accord pour vi\'re. Cc progrés, pour les societés qui ne se sont pas arrêtées dans leur croissancl.! ou pour l'huma11ité consi<l<'.:re1c:omme une societé en <:\'Olutioncontinuelle, a eu lieu dans le passage de la Yic sauvage ici à la vie p,1storalc ou nomade, ailleurs à la vie agricole ( I ). La multiplication dc:s individus sur des cantons de: moins en moins vastes est une preuve indiscutable de la force croissant\: que prc:nd le régime soci,11de l'accord pour viHe. C'en est même la prcu\'e la plus positi\'e qu'on puisse donner, l'évaluation exact\: des forces intellcctucllc:s et (1) L'hypothèse de Turgot et de Condorcet qui considère la formation des peuples p,1,teurs et Je p.1ssage ,i l'et.1t agricole comme les deux premières ètapes du progrès, cette hypothèse si commo,lé, dit après d'autres l:li,éc Reclus (H11111n11il1é10,n•rlle, P.1ge, de ,ociologic préhisioriquc, fénier 1898) est une wnception de l'esprit en désaccord :vcc les faits. « La difl',:rence ,bns les moyens de conquérir la nourriture eut p.1rtout pour cJuse ,lêt.:1mi11,rntc l.i diff6rcncc même de l'ambiance naturelle. L'homme de l,1 forêt ~iboy.:use, le ri,·erain du fleu,·e et de la mer riches en poissons, l'h.1bit.rnt des steppes infinies parsemées de troupeaux, le montagnard enfermé dans un êtroit vallon, dc\',1ient .1,·oir des genres de Yie différents, de p.1r les conditions dominatrices du milieu. S.ms mentionner les mœur:, particulii:res pro,·enant chez telle ou telle tribu. c.11 niYore ou frugivore, des traditions et de l'atavisme hérités de l'anim.1lité antérieure, on peut dire d'une manière générale que l'état, sinon universel, du moins nu,mal, fut celui de la cueillette, comprise dans son sens le plus vaste, c'est-:1-dirc de • l'utilis.11ion de tout cc que le chercheur famélique trouYait ,1 sa co1wenance. La faim rend omniYorc: l'individu perdu d.111sla forêt se laisse aller à prendre pour .iliments toute espèce de vermine et de dcbris; il mangera de l'herbe et des vers, il goûtera :t\'cc plus ou moins de répugnance ou d'.t\'idité aux baies, aux champignons, en risquallt méme de s'empoisonner. Et cc que l'individu se trouve obligé de faire, mémc de nos jours, des tribus enticres, même des nations ont dù le pratiquer également, soit d'une m.1niëre pcrm,111ente, a\'allt 1'.1ménagement de la terre ,i leurs be-soins, soit pour une ,ai,on ou durant toute une période de famine. Or, durant ce premier état de l.1 cueillette, l'homme dut chercher surtout, en même temps que les petits animaux faciles .i s.1isir, les grains, les fruits, les bulbes et les racines, faisant .1insi connaiss.rnce .1\C.: les premiers éléments qui devaient l'aider un jour it décounir l'agriculture. li ,·oy.1it les semences germer en pla11tes nouvelles, il cueillait les rejetons qui naissaient :1 l.1 base d'une tige ,·ieillie, et tel tubercule qu'il trouvait dans le sol avait déjit dressé s.1 plumule et soulevé la terre au-dessus d'elle. L'agriculture était, pour ainsi dire, en état de préfloraison dans son esprit; il ne lui manquait pour agir que la patience, la. longue prhision, l'alliance avec le temps. L'état nomade, que l'on place d'ordinaire à une étape
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