La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'ÉVOLUTIO::,,. DE L'ACCORD POL'R LA \'IE que son intelligence, ou son courage, ou sa force, ou ces qualités et d'autres réunies pouvaient désigner à leur admiration naï\'e. Il n'est pas né~essair~ ici non plus ~e recourir à l'hypothèse d'un contrat plus ~u '.n~111stac1t~. Les_n,écess1tés de l'existence suffisent à nous expliquer 1 ong111e de 1 autontt.: gouvernementale. Les honneurs rendus aux grands chasseurs de la légende gui excellèrent à purger la terre des monstres primitifs et à procurer ù l'homme la domination du globe, le respect de leurs décisions subsistant longtemps après leur mort, en un mot tous les sentiments de la foule à l'endroit des antiques pasteurs de peuples prouvent gue la force brutale ou la ruse n'est pas la seule et surtout n'est pas la principale assise de leur pouYoir politique. Cette autorité, parfois si rigoureuse, dont le chef est dépositaire, lui a été reconnue ou conférée pour d'autres causes par ces hommes si indisciplinés de nature et si jaloux de leur indépendance. Sans doute il a pu s'en rencontrer qui se soient emparés par le mensongé ou par la violence de la volonté de leurs semblables pour la diriger au gré de la leur. C'est un phénomène dont nous somwes encore aujourd'hui témoins. Mais, dit avec raison M. Courcelle-Seneuil (Etudes de sciencesociale), un pouvoir ne s'est pas imposé à toute une société et n'a pu durer par le seul emploi de cette force. « La cause première de la formation du pouYoir politique est le sentiment plus ou moins éclairé d'intérêt collectif qui s'éleve au sein de toute société, de tout groupe d'hommes réuni ou même rapproché et _en forme en quelque sorte la conscience. » Au fond, toutes les espèce~ de gouvernement à l'origine se ressemblent du point de vue qui nous occupe, parce gue les conditions d'existence gue leur nature et le milieu font aux hommes ne présentent pas de différences bien profondes. L'imposition d'une discipline et d'une subordination rigoureuses a donc pour but la nécessité du maintien de l'accord pour vivre. Mais sous l'empire de certaines circonstances la liberté et les avantages du protégé d'une part et d'autre part les prérogatives du protecteur ou des protecteurs ont été plus ou moins restreintes. L'autorité du pasteur de peuples devait être plus étendue sur« les troupeaux qui habitaient des plaine~ ouvertes, sous un climat chaud, dans des réaions abondantes en aibier, mais où pullulaient leurs o o concurrents carnassiers». (Molinari, Evol. pol. et rév., p. 19-20.) Ces milieux, et d'autres d'approche facile, comme les plaines fluviales, ne, pouvaient être habitables gue par « une coordination despotique et ·compliquée de forces nombreuses et hétérogenes, concourant vers up.e .fin dont la grâ1:ide majorité ne comprend pas la portée ». (Metchnikoff, op. cil., p. 40. - Cf. Passy, Des différentes formes de. uouvememe11t. - Molinari, passim.) - Cette fin, c'est la· conserYation de l'empire, dLl~hef et des classes qui le dirigent et en personnifient

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