La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'É\'OLl:TION DE L'ACCORD POUR LA VIE du prochain, de désintéressement!» (P!Jilos.de Nielzcbe, par H. Lichtenberger, p. _181 .) Par conséquent la sympathie originelle ne peut être qu'une obscure prédisposition des individus qui ont des affinités d'espéce ou de toute autre nature à ressentir des émotions contaaieuses et t, ' par suite à s'associer sous l'empire des nécessitl'.:s communes qui les font naître. L'action de cette inclination qui s'ignore est donc indirecte, médiate, au moins à l'aurore des sociétes primitives. M. Espinas et M. Fouillée ne prouYent pas autre chose; ils donnent la sympathie comme cause et leur raisonnement n'aboutit qu'à la montr~r comme effet. « A l'origine, dit l'auteur de la Sciwce sociale col!lemporai11e qui reproduit l'argumentation du philosophe des Sociétésa11imales (p. 101-102), dans cette société rudimentaire qu'on appelle un être organisé, le lien des diverses parties est et ne peut être qu'une extension de la tendance essentielle à tout Yivant : l'amour de soi. La connexion mécanique des cellules et leur contact dans l'espace faisant 'nécessairement retentir les modifications de l'une au sein de l'autre, il se produit ainsi une sorte d'l'.:goïsme à plusieurs, premier germe de ce qui sera un jour la sympathie. L'être tend dès lors à conserver non seulement sa maniére d'être naturelle, mais encore sa relation naturelle avec ses voisins. En Yertu d'une sorte d'élasticité intérieure, il réagit contre tout ce qui tend à le diviser d'aycc son associe et à le mettre ainsi indirectement en diYision aYec lui-même. >> Si nous en interprétons bien le sens, ces lignes signifient qu'une société organique existe par des causes mécaniques qui n'ont rien de commun avec la sympathie, que cette sympathie résulte, sous l'inAuencc de ·causes externes aaissant sur un individu dont les conditions d'existence ont t, change par le fait de l'association, d'une rl'.:action particuliére qui est un mode nouYeau de l':11nour du moi. J\lais alors elle n'est pas la raison suffisante et derniére de cette espece de societc. « Plus tard, continue M. Fouillée, dans ks soci('.:tl'.:sd'ordre supérieur, formées de membres capables de représentation intellectuelle et non plus seulement de sensation ou d'irritabilité,- par exemple les familles, les peuplades d'animaux et les sociétés humaines, - la sympathie deYient elk-même plus intellectuelle. Elle consiste d'abord dans le plaisir que se causent mutuellement les êtres qui se ressemblent le plus et qui voient leur mutuelle ressemblance. Cc plaisir est le premier et le plus llémentaire des liens qui unissent les animaux en peuplades. (Suit la démonstration renouvelée de M. Espinas et fondée sur une remarque de Spinoza.) . Ce plaisir, fréquemment ressenti, ne peut manquer de créer un besoin. Plus ce besoin sera satisfait, plus il deviendra impl'.:rieux, et la sympathie sedheloppera davantage à mesme qu'elle sera plus cultivée. D'intellectuelle qu'elle était d'abord, elle deviendra finalement une impulsion physiologique. A ce titre, elle se transmet par hérédité,

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