La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE prouYer gu'unc organisation théocrat:que a réuni à l'origine les sauYagcs gui furent nos premiers ancêfres. La terreur d'un au-dela plus ou moins vaguement entrevu n'est pas utile pour expliquer la genèse des sociétés naissantes. Plus tard elle a pu donner plus de force aux liens qui unissaient les individus dans l'associ:nion déjà fondée. Mais des besoins plus impérieux ont poussé les hommes :\ se grouper en troupeaux plus ou moins nombreux, à combiner leurs efforts et a se prêter une mutuelle assistance. Quoi qu'il en soit, la réunion de ces homme sous l'empire de cette frayeur quasi-religieuse serait un cas particulier de l'action qu'exerçaient sur eux les forces extérieures et une éclatante illustration de la nécessité qui s'imposait à eux de s'accorder pour vivre. Quelle part faut-il faire à cette cause intérieure dont on abuse, à cet instinct qui est la forme commune des penchants altruistes et qu'on appelle la sympathie? Pour beaucoup de philosophes, clic est l'ouvrière essentielle de l'organisation sociale. li y a une sympathie qui peut naitre entre individus soumis aux mêmes influences sur le même poi11tde l'espace. Mais clic suppose chez eux la vie en commun. Or, cette communauté d'existence implique qq'un certain accord existe entre les membres du troupeau. La sympathie n'est donc pas ici une cause, mais un effet; elle peut consolider l'union, elle ne la crée pas. D'autre part. quand on parle des origines, on ne saurait faire appel a cette sympathie si complexe et si délicate que les époques ciYilisces font cclorc et qui Ya croissant aYcc k dcYcloppemcnt de l'intelligence. Cette inclination nait et se déYcloppe progressivement à mesure guc les hommes acquièrent des manières de penser ou de sentir identiques dont le rcsultat est, du point de vue qui nous occupe, la synergie des volantes. Elle n'est pas d'ailleurs toujours bilatérale ou bilatcralc :\ cgal titre. Elle suppose une conscience YiYede la solidaritc des personnes, et cette conscience ne peut atteindre une clartc parfaite que dans le milieu social; elle lui est donc postérieure. Elle signifie de plus que les tendances altruistes dominent les instincts par lesquels l'égoïsme se manifeste. Mais si, au cours de l'histoire, c'est l'cgoïsme qui, déguisé ou non, est le plus souYcnt la loi de la conduite, dans les temps primitifs, les passions antisociales tiennent encore plus fortement en cchec les sentiments qui pourraient contribuer à consolider l'union et la paix. Ces derniers penchants même 1,e l'emportent qu'avec l'aide des intérêts ou d'un systcmc de pénalités d'autant plus rigoureuses que la sanction de l'opinion est moins efficace et celle de la conscience moins scrupuleuse. De nos jours encore, guc de défiance, de jalousie, de haine, d'envie, de malveillance entre membres d'un même État, d'une même classe, d'une même profession et « quelle réalité pietre, mesquine et vile se dissimule souvent sous les beaux mots de pitié, d'amour

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