L'tvou;noi. DE L'ACCORD POUR LA \ïE sion un quartier de baleine morte, les Yicillards en distribuent les tranches aux membres affamés du troupeau. (Letourneau, Evol. pol.) Ce n'est pas seulement la préoccupation de la recherche des aliments et de la défense contre les espéces animales concurrentes qui porte les hommes· primitifs à se réunir en troupes et à s'accorder pour vivre. En ces temps lointains et rudes, l'homme est un loup pour l'homme, au moins quand la nourriture lui fait défaut et quand son voisin est en possession de subsistances alimentaires. Les groupes humains s'organisent donc aussi soit pour defendrc l'approche du territoire de pêche ou de chasse qu'ils exploitent, soit pour aller a la conquête d'autres cantons occupés déjà par des hordes rivales. Que cc soit dans un but d'attaque ou de defense, la société qui se constitue a donc bien pour fondement la nécessité de l'accord pour vivre. Les hommes devaient donc unir leurs efforts sous peine de . disparaître :'t bref délai. Quel que soit le rôle que jouera plus tard le contrat dans les relations humaines, on n'a pas besoin de l'im·oquer ici. L-:!s circonstances imposent l'union. La réglementation qui suit . • le groupement spontané des êtres est l'expression YiYante de la fatalité cosmique, dit L. Metchnikoff, elle est despotique comme elle. Il ne paraît pas qu'il y ait un débat prealable des conditions auxquelles on s'assemble. One fois groupes, les membres du troupeau pcuYent sans doute s'accorder aprés délibération sur certaines obligations a _remplir en vu~ de l'attaque ou de la defcnsc; encore cette déliberation doit-elle être bien vague entre individus doués d'une iHtelligence et d'un langage rudimentaires. Il est plus vraisemblable que ces obligations sont imposées pa~ celui qui prend la direction du troupeau et en garantit la sécurité en retour de l'obéissance. En tous cas, la nécessité de ·s'associer pour pouYoir Yi\Te précède la discussion des moyens ù employer pour rcaliser une action commune. Si d'autres causes extérieures ou intérieures interYicnncnt dans la formation des sociétés primitives, elles confirment, loin d'y faire exception, la régie générale. On peut incidemment en donner la preuve sommaire. Vico croyait que les premiers hommes s'étaient rassemblés sous l'empire de la terreur qu'entretenait en eux la chute de la foudre. La crainte qui en serait résultée d'une puissance cachée les aurait portés à se réunir pour conjurer son courroux ou obtenir sa bien_veillance. L'auteur de la Science11011velle explique par ce fait la prépondérance de l'aristocratie théocratique à l'origine des sociétés historiques, le pou- •voir des prêtres, des devins, l'influence des oracles sur la direction de la conduite en matière publique ou priYéc. Cette suprématie de la caste sacerdotale serait une survivance de la période divine antérieure à la fondation des cités. Mais il ne suffit pas de dire que la Gréce et la Rome de la légende, par exemple, ont été gouvernées par des prêtres-rois pour
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