LES PLUS-VALUES IMMOBJLIÈRES seul propriétaire, d:rns le South Sicle, qui est le quartier le plus riche de Chicago. Dans l'Etat. de Michigan, qui a 36,755,000 acres d'étendue, la ville de Détroit rapporte à ses quelques propriétaires un revenu égal au tiers du revenu obtenu au prix d'immenses traYaux par les paysans qui cultiwnt le terrain rural. Le revenu urbain est animé par un mouvement ascensionnel bien plus puissant et plus invincible que le revenu du terrain agricole. Une autre preuve se retrouve dans la fortune légendaire de la dynastie des Astor, uniquement duc à la prévoyance d'Astor Jer qui acheta à vil prix le terrain sur lequel s'élcve aujourd'hui New-York. Nous retrouverons en Europe,avec un taux d'accroissement peutC:treplus lent et plus uniforme, le mème phénomène caractéristique de l'élévation constante et régulière des valeurs des biens urbains. Mais auparavant il nous faut signaler pour l'Amérique une tradition d'ailleurs commune à tous les pays :rnglo-saxons, à savoir la discrimination de la propriété du sol et de la maison qui y est élcvee. Un entrepreneur-constructeur veut-il ériger une maison? Il loue pour 99 ans, par exemple, un terrain disponible. A la fin du bail, toutes les améliorations appartiennent au propriétaire,sansqu'il ait à débourser la moindre somme d'argent. Ainsi, dans la \'an Buren Street de Chicago se trouve un terrain sur lequel s'élève une maison valant 200,000 dollars. Dans 99 ans,cette maison reviendra gratuitement,avec les améliorations, au propriétaire du sol sur lequel elle repose, et à cette échéance ledit propriétaire aura touché du locataire-constructeur, la première année, 5,0!)0 dollars; chacune des neuf années suivantes, 1,000 dollars; de la II' à la 20° année, 15,000 dollars; de la 21• à la 30•, 17,500 dollars ; de la 31c à la 40c, 20,000 dollars, et, pour les dernières 59 années, 2 5,ooo dollars. Bref, le propriétaire du sol nu vend aux enchères, au plus offrant, le droit de posséder temporairement son terrain, pour y construire, moyennant une redevance annuelle. New-York, Chicago, Philadelphie, Boston, San-Francisco appartiennent à la nouvelle féodalité des financiers et spéculateurs qui ont placé leur argent en terrains. "' * * Au contraire,c'est encore à l'ancienne aristocratie nobiliaire qu'appartient le sol des grandes villes anglaises : Londres, Glasgow, Birmingham, Manchester, etc ... Mais le ~ystème est le même: sans aucune peine, sans dépenses, sans aucun risque, sans la moindre apparence de travail accumulé, la classe propriétaire du sol anglais jouit dans les grandes agglomérations urbaines d'une rente progressive.
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