L'ÉVOLUTlO~ ÉCONOMIQUE DU GLOBE avec un soin jaloux et accumulent les chances d'hostilité. Une autre puissance, la France, qui venait au second rang au début de la dernière pé'.iode decennale, est entrainée dans une décadence très visible par des causes qu'il n'est point malaisé de déterminer, et ou l'insouciance des hommes au pouYoir et la mauYaise utilisation des forces interviennerit tout d'abord. Les Etats latins de l'Europe méridionale, Italie, Espagne, Portugal, végètent dans une ruine croissante, atrophiés en leurs sources de prospérite native, par les plus lamentables errements. La Russie, avec son expansion manufacturicre interne, que rien ou presque rien ne traduit encore à l'extérieur, recèle pour ses rivales des périls menaçants et dont l'ampleur est à peine soupçonnée. Les colonies Britanniques, l'Argentine, le Transvaal, apparaissent à l'horizon comme des foyers de régenération, comme des centres d'énergie d'un incomparable rayonnement. La Belgique, la Hollande, la Suisse, ne nous intéressent que parce qu'elles condensent sur des sùperficies plus étroites la fièvre de fabrication des Etats aux limites plus élargies. Tels sont les pièces maitresses q1,1ise heurtent sur l'echiquier des deux hémisphéres, les soldats de la grande querelle, de la lutte comrnerciale, qui se déroule ardente, dévorante, insensée, ù travers ·continents et océans. Mais à l'ombre de cet uniYerscl conflit, il en est un autre dont celui-là n'est que la couverture, le paravent, le masque; la lutte sociale des possédants et des non possédants,-de l'aristocratie industrielle et de l'ouwier de l'usine, - de la ffodalité foncière et du métayer, du journalier agricole,-du riche et du pauvre, pour reprendre les termes de l'antiquité hellénique. Et cet aspect de la guerre économique déborde l'autre en importance par la masse des intérêts en présence, par l'ampleur morale des principes en contact. Ainsi le monde n'est qu'une immense juxtaposition anarchique de forces, où la violence seule détermine le groupement transitoire, où les hommes et les peuples, au lieu de coordonner leurs énergies pour dompter et asservir la nature, persistent à s'épuiser en épouvantables déchirements. Dès le · début du siècle, les Fourier, les Saint-Simon et leurs disciples, avaient dénoncé .:e désordre, cette dissolution de la société moderne; mais en même temps ils prévoyaient pour l'avenir une réorganisation générale sur un plan nouYeau; ils montraient que l'évolution économique des peuples commanderait infailliblement une évolution politique et social~ qui s'étendrait de proche en proche dans les limites de la civilisation. De l'enquête que nous avons entreprise, deux conclusions se déga: gent clairement à nos yeux : le régime des nationalités fermées doit crouler devant celui des fédérations, étapes indispensables vers l'internationalité future; le régime de l'individualisme, de l'oppression des
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==