LA REVUE SOCIALISTE sel y a universalisé les chances d'épopées sanglantes et d'explosions barbares. De même que les puissances bataillaient jadis pour leurs frontiéres, que les indiYidus mouraient pour sauvegarder leurs biens, ou l'existence des leurs, celles-là bataillent et ceux-ci meurent aujonrd'hui pour conquérir ou pour garder les grands marchés d'échanges. Les champs de carnage se déplacent. Voilà tout, et les régiments iront semer leurs os sur le sol africain ou sur le sol chinois, mais l'humanité n'en est devenue que plus inhumaine et plus bestiale. Les guerres coloniales proprement dites ne sont qu'un aspect de ce perpétuel assaut des hommes contre les hommes. A ceux qui douteraient encore de la connexité etroite du capitalisme, du colonialisme et du militarisme, nous demanderons seulement : à quelle époque de l'histoire les grandes et les petites puissances ont-elles fait surgir de telles armées, et consacré aux préparatifs belliqueux, autant de millions et de milliards? Jadis, au début du siècle, il n'y avait d'autres pays militaires que la France, la Prusse, l'Autriche et la Russie; l'Angleterre ne comptait que par sa flotte. Aujourd'hui, à côté de tous ces Etats, l'Italie, l'Union Américaine et le Japon, pour ne citer que ceux-là, peuvent équiper des millions d'hommes, et inscriYent chaque année des centaines de millions aux budgets de la guerre et de la marine. Pour la colonisation violente, elle s'est surtout donné libre carrière à partir de 1880, par toutes les expéditions de la France au Soudan, en IndoChine, etc., de l'Angleterre sur le Haut-Nil, en Birmanie, au Transvaal, en Guinée, de l'Italie en Erythrée, de l'Allemagne sur les littoraux de l'Atlantique et de la mer des Indes, de l'Amérique aux Philippines, etc., etc. Jamais le droit à la Yie n'a été aussi ouvertement violé au détriment des peuples de race différente, que depuis la proclamation des droits de l'homme et du citoyen, adoptée en apparence par toutes les nations dites ciYilisces; jamais le sang n'a été aussi légérement versé que depuis la Création de la grande industrie. Il se trouve ainsi que l'invention des premières machines, bienfait inappréciable pour la suite des générations, aura suscite plus de meurtres, plus de crimes, que toutes les folies et tous les caprices atroces des empereurs d'Assyrie ou de la Rome decadente. * * * Il y a, à cette heure, dans le monde, trois puissances économiques dirigeantes : l'Angleterre, l'Allemagne et l'Union Américaine. La prcmicre d6Cend avec peine sa position, et la .sent si compromise qu'elle médite pour la sauvegarder de gigantesques projets; les deux autres dont la production et les échanges croissentd'annce en année, s'épient
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