L'ÉVOLUTION ÉCO~mlJQUE DU GLOBE de la propriété, soit des instruments de travail, soit du territoire arable, serait aussi vain que prétendre ramener au sillon les masses deçues. L~ petit atelier et la petite culture sont éYincécs du monde, par les formations plus amples, comme le roulage l'a été par les voies ferrées. Ceux qui se proposent, par des moyens plus ou moins fallacieux, de morceler les biens fonds à \·cndre ou de consolider en homesteads les petits patrimoines ruraux seront forcément nincus, parce qu'ils se heurtent au courant des choses. Déjà nul ne parle plus de rétablir les métiers indiYiducls pour faire pièce à la filature, au tissage en commun. Pourquoi les tenants du passé se montreraient-ils plus opiniàtres dans leur défense de l'émiettement foncier? La puissance agricole des pays neufs, Nouvelle-Zélande, Australiè, Argentine, EtatsUnis même, s'explique par le triomphe de la grande culture et des procédés scientifiques sur des terrains naturellement plus ou moins riches. Ce n'est ni le protectionnisme, ni le système des primes qui sauYeront cc qui reste de la production agricole d'Europe. Ces mé- . thodcs peuvent retarder les échéances fatales, mais leur efficacité est celle des mesures dilatoires, et elles ne paralyseront rien, quant au fond. La concentration se produit, prévaudra infailliblement. li faut l'accepter comme telle, et alors le problème de la terre ne se pose plus dans les termes étroits, ou l'économie orthodoxe s'ingénie à le maintenir, et il se libelle brutalement : Par quels procédés prompts et peu coûteux, la socialisation pourra-t-clle suspendre l'action néfaste et rétrograde de la petite culture? * * * Tous les pays que nous aYons étudiés, ou presque tous, nous ont . offert, ctroitement subordonnés, ces trois principes d'action : capitalisme, colonialisme, militarisme. Toutes les théories croulent ici devant le simple examen des évcnements. Les premiers socialistes du dix-neuvième siècle s'imao-inaient que le triomphe du système industriel . l b entraînerait l'élimination quasi-immédiate de la guerre : de même les économistes dits libéraux, qui défendent l'édifice social actuel, s'efforcaient de combattre la colonisation à main armée, comme un épiphé- ~omène sans assises profondes. Or les uns et les autres ont été cruellement démentis par l'histoire de ces vingt ou trente dernières années. La fin des arandes luttes de nationalités, en admettant qu'elles soient closes à ja;ais, n'a pas été l'éviction des conflits internationaux. Bien au contraire la concurrence industrielle apparaît comme un ferment extraordinairement puiss;nt de conflagration des peuples_- Loi'.1 de répandre la paix sur le globe, le développement manufactuner un1ver-
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