I..A QUESTIO~ SCD-AFRICAJ:--:E Une défaite n'aurait rien d'impossible d'ailkurs, mais même sans envisager pareille occurrence, la guerre avec le président Kri.iger déchaînerait de terr~bles complications sur le Continent Noir, et pourrait du coup, provoquer la sécession du Capet de )Jatal. Cc qui fait la force des Boers, ce qui donne au TransYaal une puissance de rayonnement presque irrésistible, c'est l'importance numérique de l'élément hollandais dans ces deux annexes britanniques. Déj:i le désastre ridicule de Jameson, en 1895, a entraîne la chute du parti de i\l. Cecil Rhodes qui jusque-là gouYernait le Cap, et le succès des Afrikanders ou Hollandophiles dont le leader est M. Hofmeyer. En 1898, ce dernier groupement,qui dispose des destinées futures de l'Afrique Australe, a pris possession du ministère dans la colonie. Si i\l. Chamberlain avait mobilisé ses troupes, nul doute que les Afrikanders ne lui eussent opposé •de redoutables protestations, et selon toute naiscmblance, la féderation des contrées ci,·ilisées, entre le Tanganilrn et la mer des Indes, eùt brusquement surgi au détriment du Royaume-Uni. Une troisième considération qui a dû influer sur la décision des ministres de la Reine, c'est l'attitude même des puissances europècnncs et tout spécialement de l'Allemagne qui n'admettrait à :i.ucun prix une mainmise de l'Angleterrc sur la zone des mines. Le télégramme fameux :i.dresséà M. lùüger par Guillaume, en 1895, est reste dans toutes les mémoires. Donc la guerre - ,i moins d'éYénemcnts imprévus - est ù peu prés conjurée, mais la question Sud-Africaine reste toujours ouverte, et il sera intéressant de sa\'oir un jour ou l'autre, si l'impérialisme :rnglo-saxon aura triomphé là-bas, ou si, au contraire, la première grande sécession coloniale se sera produite sur une des terres d'élection du jingoïsmc. PAn Louis.
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