La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA \:ATCRAl.lSATIO\: DES JUIFS ALGÉRIENS valabk l'argumcllt tire du bloc est totalement fausse partout et toujours l'influence des consistoires a été combattue par un parti contraire car les Juifs algériens sont divises en cofs souvent irreconciliables qui ont voté chacun à leur maniere t~ut en donnant leurs Yoix exclusiveme1H à des républicains. Cc point, M. Rouanet, avec son ordinaire clairvoyance, a su le distinguer et le mettre enfin en lumière : M. GUSTAVE RoUANET. - En 1870, quand ils ollt été affranchis, les Juifs se sont trouYés tout naturellement partout en minorité; cette minorité forma un bloc dans la majorité. Cela se voit partout. On le voit dans les pays ou se trouve une minorité de protestants au milieu de catholiques, et dans les pays ou il y a une minorité de catholiques au milieu de protestants; toujours la minorité forme un bloc. En Algérie, au lendemain de l'émancipation, les Juifs ont formé naturellement un bloc électoral. Ce que je ,·ais dire va vous surprendre : le malheur c'est qu'ils n'aient pas toujours formé ce bloc, c'est qu'il y ait eu des fragmentations, des disséminations dans le bloc électoral juif, de sorte que, ayant Yoté un peu ayec tous les partis, tous les partis vaincus ont attribué la cause, l'origine de leurs défaites à l'intervention juive. Cette prétendue prépondérance qui s'est manifestée par les plus horrifiques priviléges accordés aux électeurs, comment les antisémites la prouvent-ils? Quand ils ont parlé de la vermine juive, du cancer juif, quand ils ont étalé toutes Jeurs amabilités, voici les seuls faits qu'ils peuvent avancer. Il y a d'abord l'histoire des 375 bulletins écrits en hébreu, déclarés valables par le Conseil d'Etat de !'Ordre moral, pour assurer l'élection d'une municipalité gouvernementale. Nous l'a-t-on assez contée cette histoire! Elle s'est passée il y a vingt-quatre ans, mais on la ressuscite toutes les vingt-quatre. heures. Ces bulletins écrits en hélweu, les Israélites s'en sont sen·is à l'instigation d'un préfet: on la leur ressert :1 chaque apéritif antijuif et notez que les ardents patriotes qui s'indignent de ce crime sont les mêmes qui hier encore et non pas il y a vingt-cinq ans écrivaient leurs proclamations électorales en français coprographique ou en italien ou en espagnol, et y mettaient la France au-dessous de l'Espagne en ajoutant que celle-ci a toujours marché à la tête des nations! Quand on vient de se livrer à d'aussi tristes agissements, on a une autorité toute particulière pour reprocher à 300 pauvres turbans illettrés d'avoir en 1875 obéi aux ordres d'un préfet I Mais « l'invasion juive» se manifeste encore d'une autre manière. Les Israélites, prO\'0cateurs et agressifs, mauvais citoyens et mauvais électeurs, ont utilisé leurs droits civiques uniquement pour envahir toutes nos administrations, occuper les offices les mieux rétribués, ne laissant aux Français que les emplois difficiles et mal rétribués. Voilà l'accusation capitale et le point sensible par excellence. Les Juifs, paraît-il, ont le kous-kous et il est plus que temps de le leur enlever. Ces commerçants éhontés ont transformé le bulletin de vote en un billet à ordre procurant à échéance « les offices les mieux rétribués », tandis que les bons Français, les vrais, les seuls, les patriotes dcsintéressés, •1es citoyens au cœur pur et aux mains nettes, sont

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