682 LA REVUE SOCIALISTE -- -· ------------------------ cerne les fortunes immobiliéres urbaines, que d'édifiantes révélations pourrait bien faire le conservateur des hypothéques, si M. Laferricre daignait renseigner les statisticiens et le Parlement sur ce sujet important! S'ils ne peuvent tirer d'une fortune qu'ils n'ont plus cette prétendue inAuence sociale qu'on leur accorde, alors d'où leur \·iendra-t-ellc? De l'affection qu'on a pour eux? on prétend les haïr. De leur intervention dans les assemblées, cercles et réunions? on les chasse de partout. De leur action sur la presse? elle est pour ainsi dire unanimement hostile. Et voila l'argument de l'influence sociale qui se dissipe en fumée comme les autres, dés qu'un esprit impartial veut en vérifier la réalité. Mais enfin, dira-t-on, cette minorité, comme toutes les minorités, a du moins eu le tort de former un groupement redoutable qui pouYait, à l'occasion, décider du sort d'un scrutin? Admirez la puissance de la répétition, cette puissance dont les anciens rhéteurs disaient qu'elle était la plus efficace de toutes. A force de rabâcher cette autre fadaise, on finit par en faire une vérité évidente, même pour un homme aussi bien informé que i\L Barthou : « N'ai-je pas constaté, disait-il récemment, que malheureusement les Israélites indigénes, les Juifs d'Algérie, ont eu le tort de se mêler en groupe compact, en bloc, en appoint formidable aux élections législatives? J'ai constaté ces abus. La situation s'est améliorée à cc point de vue. Mais n'y a-t-il rien a faire?» (1). Evidemment, et quand il en serait ainsi, nul homme sensé ne songerait à indiquer comme remèdes la proscription et le massacre. Quand les braves gens d'Hazebrouck ou de Ploërmel votent sous la conduite des fabriciens et des congréganistes, personne ne propose de leur enlever leurs droits civiques et de « les couper en deux». Supposon_s que les électeurs israélites se laissent mener au scrutin par leurs présidents de consistoires, décorés autant que décoratifs. Il appartient au gouvernement qui a, dans le passé, encouragé et récompensé ces agissements cléricaux, d'y mettre bon ordre, de briser la force excessive des consistoires en les nommant lui-même et en les contraignant à se maintenir strictement dans leur rôle indispensable d'assistance par le travail et de coopération aux œunes entreprises parles Sociétés d'instruction, d'éducation et de protection. Que le gouvernement fasse poursuine les corrupteurs, s'il y en a, car ce sont les vrais coupables, punir les corrompus, annuler les opérations électorales. Mais il faut être un barbare ou un sam'age pour proposer des mesures dans le genre de celles que préconisent les régistériques. Et d'ailleurs l'hypothcse même que nous faisons en supposant (1) Discours de i\I. Barthou, Chambre ,ks déput<!S, seancc du 15 mai 1899.
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