LA XATURALISAT!OX DES JCJfS ALGÉRIEXS 68r naires qu_idévorent le pays et qui sont terrorisés ou corrompus par la bande aY1dede partager les r83 millions du grand kous-kous alo·érien. Voilà l'élément qui a lente1~1entet sùrem~nt, en dix ans de 0 tra\'ail souterrain, désorganisé et intoxiqué le corps politique de la colonie. On signale, à g:ands renforts de calomnies déclamatoires et retentissantes, le prétendu péril politique résultant de la promulgation du dccret Crémieux. Il faut, une fois pour toutes, se décider à opposer aux allégations des difEunateurs des chiffres précis que les démographes s'étaient jusqu'ici procurés au prix des plus laborieuses recherches, et que .MM. Barthou et Rouanct Yiennent d'arracher à .îv!.Laferriére. « Au rcr janvier r899, les électeurs de l'Algérie s'clc\'ent au chiffre de 90, r 38; sur ces 90,000 électeurs, les Français d'origine comptent pour 65,782, les naturalisés, soit en Yertu de décrets individuels, soit en vertu de la loi <le r889, comptent pour 16,440 et les Israélites comptent pour 7,916. La Chambre aperçoit, par conséquent, quelle est la proportioi1 des électeurs israélites par rapport à l'ensemble des électeurs>> (r). Et notez que cette infime minorité de 8,78 °/0 est morcelée en trois départements où elle est noyée dans la masse; à part Tlemcen et les chefs-lieux, où l'agglomération juiYc électorale peut se chiffrer par des centaines de Yoix, tout le reste est dispersé. Dans tout le département d'Alger il y a 2,7-1-6électeurs israélites; dans celui d'Oran, 3,625; dans celui de Constantine, r, 5-1-·5\'oilà cette 111:isseépouvantable qui risque, parait-il, ù elle seule d'entrainer l'Algérie aux abîmcs:La circonscription de M. Drumont comprend H communes : trois contiennent plus de 100 habitants juifs, une en compte plus de 50, deux en possedcnt de 3 à 25, sept der à 5 et \'ingt et une le chiffre important de zéro. Ces chiflres se passent de tout commentaire. Là-dessus on entonne une autre antienne : tant que les antisémites, a\'ec la complicité des bureaux du GouYcrnement général, ont pu faire croire à la Métropole que les <'.-lecteurjsuifs étaient en nombre écrasant, ils ont usé et abusé de cette contre-vérité. Malheureusement •b. mèche est éventée et ils sont forcés d'abandonner l'argument arithmétique pour emprunter à M. de Beauregard la théorie <lela puissance juive fondée, non sur le nombre, mais sur l'influence sociale. Encore une sottise que l'on ne pourra plus répéter bient6t. Decidément, les temps deviennent difticilcs pour les colporteurs de me1~- sonO'es. Nous avons dissipé nous-même le font6mc de la ploutocratie juiv: alO'érienne et montré que l'immense majorité de la population israélite 0 est plus que pauvre, elle est indigente. Même en ce qui con- ( 1) Discours de M·. Barthou, Chambre des députés, séance du 15 mai 1899.
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