La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

MA COXFESSIOX' PAR ex AXARCII [STE Yies, nces d'amours precoces, aigri par le besoin, jouisseur, envieux, et, par les réunions publiques, par les tavernes, par des affinités de rancune, tombe, en dernière analyse, sous la griffe des politiciens. Ni martyr ni héros, et je n'ai garde de l'en blâmer; Blanchet, victime, ne me Yalait point Blanchet réfractaire ... Son instruction était presque nulle. Ses adages me faisaient sourire. Il n'avait que l'éloquence de la rue. Son inconscient anarchisme ne pouvait peser sur mon raisonnement. Et ceci me parut admirable, que cet ignorat~t, raidi dans sa passion, fùt mené par son instinct, seul, jusqu'à la solution devant laquelle ma logique a,·ait reCLdé: Au terme d'une information deux fois décadaire sur le bilan contemporain de l'humanité, j'anis constaté le triomphe latent de l'individu et le suprême paradoxe impose par la violence : le crime perpétuel d'une société constituée pour le bénéfice de :quelques entités et régnant par la peur, se sau\'ant par la ruse, craquant sur tous ses bords, déYon'.:e par l'anarchie et trompant l'anarchie, tirant et s'assimilant l'anarchie, au risque de faire hurler le ,·crbc, au milieu de son organisation codifiée :iu détriment de l'indiYidu. J'avais relevé ce Yaste mensonge. Et j'avais conclu i la publique démonstration de l'erreur, i l'abolition du paradoxe, à la libération de l'indiYidu, i la constitution logique d'un état oü les rapports interindividuels, spontanéme:it, emaneraient de la limitation imposée :'t tout droit par l'activité de droits latéraux. La suppression Je la societé en possession n'était que la condition première de cette palingénésie. Cette société ne tenait plus que par quelques nœuds. Il ne restait qu'à faire sauter ces liens rares et isolés. C'est là que s'ctait arrêtée ma déduction. Avais-je donc oublié ou négligé la conséquence finale de cc long raisonnement? Non. L'enchaînement était presque tangible. Je ne pouYais en méconnaître la direction. Je m'étais arrêtè \'Olontaircment. Ma logique a,·ait reculé dcrnnt son résultat. Or, ce resultat, Blanchet l'aYait acquis sans rUléchir, sans vouer ses nuits, sans étollffer sa jeunesse, sans attirer à soi la culture genérale de l'humauité. Par le raisonnement <'.:l<'.:mentairdce sa haine et de ses appétits, Blanchet posait le dernier terme de mon syllogisme: libération de l'indi\'idu par l'action; condamnation de la société étatiste ou collectiYistc, propagande de l'idée par l'ensèignement et par la parole, par le journal, par la conférence, par la réunion publique et l'agitation des esprits ... Apres? Ces moyens <'.:prou\'és, démontrés insuffisants? Ou trop lents? Fallait-il aller plus loin ? De la propagande par l'idee, puis de la propagande, par la parole, de l'idée, un pass~ge naturel mene-t-il à la propagr111de l'idée par le fait? C'érnit l'a\'1s de Blanchet., ~et homme frémissait a toutes les coléres de b bête traquée, exaspt:rce,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==