LA QUESTION SUD-AFRICAINE 6r quables coefficients d'augmentation qu'on puisse relever dans la seconde moitié de ce siècle, c'est l'exploitation progressive du sous-sol transYaalien, ce sont les courants d'existence nou,·eaux créés al·entour qui ont Yalu aux annexes du Royaume-Uni cette prospérité inattendue. li y a donc dépendance, subordination étroite entre les colonies anglaises et la République Sud-Africaine, et si demain par aventure celle-ci \'enait à péricliter, celles-là ne tarderaient pas à enregistrer de formidables mécomptes. On conçoit donc quelle importance l'assimilation, l'assujettissement du Transvaal présenteraient pour le gou\'er!:1ement de la Reine; aussi ne s'est-il pas fait faute, jusqu'ici, de préparer les YOies soit à un enveloppement méthodique et pacifique du cabinet de Pretoria, soit à un coup de force qui lui liHerait en un clin d'œil la région des mines d'or et l'indépendance des Boers. Voilà donc le problème précisé. Ce qui en fait la gravité, c'est que de moins en moins la séparation politique établie entre le Cap et la 1atalie d'une part, le TransYaal et son allié, l'État Boer, d'Orange, de l'autre, apparaît susceptible de se prolonger. Entre ces quatre subdivisions de l'Afrique Australe, les intérêts sont si solidaires, les relations d'échanges et de transit si quotidienncs que la fusion ou a tout le moins la fédération douanière ressort comme une.: nécessité évidente. Cette union économique et politique, car les deux caractères se joindront inévitablement, se fera-t-elle au profit de l'Angleterre ou a son détriment? Nous touchons ainsi au tn'.:fonds de la question. Tout un fort parti, pourvu de ressources abondantes, étaye sur des racines nationales bien assujetties, s'agite à Londres pour assurer le triomphe de la première alternatiYe. M. Chamberlain dont la physionomie est trop connue, et~!. Cecil Rhodes, le remarquable créateur de l'Empire Britannique de l'Afrique du Sud, le c.!irecteur des exploitations de diamant de Kimberley, l'inventeur des mines d'or de la Rhodesia, sont les chefs de cette faction qui travaille a répandre le jingoïsme dans les trois royaumes et qui dispose outre-Manche d'une trcs réelle influence. MM. Chamberlain et Cecil Rhodes ont un plan extrême1m:nt simple; si le Transvaal ne consent pas a accepter les revendications des Uitlanders de Johannesburg et a admettre son assimilation lente aux colonies de la Reine, on usera de· violence à son égard. On emploiera .soit la flibusterie, déjà pratiquée, mais avec si peu de bonheur, ·par le docteur Jameson en décembre 1895 - soit la guerre ouverte qui a failli éclater au moins trois fois depuis le fameux échec de Krügersdorp. Examinons.rapidement les tentatives diverses et les préparatifs de toute nature que le grand parti jingo a organisés en ces quatre dernières années. Le programme de réformes qu'il a soumis au cabinet de Pretoria a porté tour à tour : l'extension du droit électoral-aux Uitlanders,
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