La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

ANALYSE DU DEUXIÈME VOLUME DU «CAPITAL» DE MARX 655 n'ont pas discerné les économistes antérieurs a Marx. Comme le capital monétaire et le capital en marchandises demeqrent dans la sphère de la circulation, Smith et ses adeptes les confondirent avec la part coulante du capital productif sous la même catégorie du capital circulant. « Ils sont, en effet, ~it Marx, le capital de circulation par rapport au capital productif, mais ils ne sont pas le capital circulant par opposition au fixe» (r). li se trouve constamment dans le processus de la production des matériaux bruts ou accessoires (gaz, coke), mais toujours des exemplaires nouveaux du même genre, après que les antérieurs ont été usagés dans la formation du produit. De même il se trouve constamment de la force de travail dans la production, mais seulement a raison du renouvellement continuel de son achat et souvent par le changement des personnes. Par_ contre, les mêmes bàtiments, machines, etc., durent, pendant toute une série de rotations du capital coulant. La rotation de la part fixe du capital, ainsi que le temps nécessaire pour cette rotation, embrasse plusieurs rotations de la part coulante du même capital. Dans l'intervalle o_ù le capital fixe ne fait qu'une rotation, le capital coulant en fait plusieurs. Si, par exemple, une machine dure dix ans, sa rotation dure autant, pendant que dans la même période le capital circulant pouYait faire plusieurs tours. La rot~tion totale du capital avancé dépend de la moyenne des rotations des différents éléments du capital. On peut dire en général que, les autres circonstances restant les mêmes, la masse du c:1pital avancé est d'autant plus grande que son temps de rotation est plus grand. La rotation d'un capital est d'autant plus grande que le capital fixe est plus grand par rapport au capital circulant et sa durée plus longue. Dans les deux cas - dimension et durée - le capital fixe grandit avec le développement de, la production capitalistique. En même temps, le temps de rotation du capital avancé grandit aussi. Aprés la fin de la période de rotation, le capital fixe doit être, grâce à sa détérioration, totalement ou partiellement renouvelé. Cette nécessité peut aussi apparaître auparavant grâce aux nouvelles inventions. Marx calcule approximativement que la durée du capital fixe dans les principales branches de l'i~dustrie s'élève a dix ans en moyenne. Ce cycle constitue selon lui la base matérielle des crises périodiques et les affaires passent, grâce au renouvellement en masse du capital fixe, par les phases successives de ralentissement, de vie active et de superproduction. Le temps de rotation du capital fixe est donc défini par ·sa durée physique et morale; le temps de rotation du capital circulant, par contre, par son temps de production et de circulation. Il faut distinguer ------------------------------ (r) Deuxième volume, page 145·.

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