La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA RE\.UE SOCIALISTE survenue la grève du 20 septembre. Si donc, cettt: grève se prolonge et que les hauts-fourneaux du Creusot s'éteignent, il pourra, avec quelque apparence de raison, dire aux ounicrs: « Mes hauts-fourneaux sont éteints par votre faute, je dois les reconstruire; je les reconstruis à Cette, tant pis pour vous ! » \'oil.\ l'èlèrnent matériel sur lequel on peut se baser pour appuyer la co11Yiction de la grève désirée par la direction: mais, à coté de cet élément matériel, il est aussi un élément moral qui a bien son importance. Depuis toujours la famille Sèhneider a considéré le Creusot comme son fief, et le propriétaire actuel, M. Eugcnc Schneider; se croyait à jamais le souverain maître, politiquement parlant, de ce pa_ys. Or, depuis la grève du mois de mai dernier, sa puissance politique lui a échappé, et elle est passcc tout enticre entre les mains du syndicat ouvrier. A l'heure actuelle, il est certain que s'il y aYait ici des élections, quelles qu'elles fussent, M. Schneider et ses partisans seraient battus et remplacés partout par des candidats républicains socialistes. M. Schne\der sait cela, et on lui a fait croire que si le syndicat ounicr a une telle puissance, c'est que lui, Schneider, a céde trop facilement, en mai dernier, aux réclamations des grévistes. Ces mêmes conseillers lui ont dit: « Cette fois-ci, luttez, résistez, prenez vos ouvriers par la famine, laissez leur tirer la langue, et lorsqu'il vous reviendront soumis et repentants, décapitez le syndicat, faites des coupes sombres parmi les meneurs d'ateliers, et vous reverrez toute votre ancienne puissance Y0us revenir! » Mauvais conseilleurs trop facilement écoutés. Détestables flatteu-rs du maitre qui espèrent, dans son sillage, recueillir un peu du pouvoir désire! Ils ne voient pas qu'ils conduisent le jeune maitre de forges à sa perte, et que depuis trois mois le Creusot a vécu cent annccs ! L'élan est donné; cette popu:ation a goûte pendant trois mois toutes les ivresses de la liberté; de réactionnaire qu'elle ctait, clic est deYem;e républicaine, radicale et socialiste. Aveugles et sourds ceux qui se figurent lui faire faire maintenant un pas en arricre ! * * * Les lignes qui précédent étaient composées mais n'ont pu paraître dans notre bulletin d'octobre. Nous n'avons plus qu'à y ajouter le texte de la sentence arbitrale rendue par M. \Valdeck-Rousscau, président du conseil des ministres : La Société et les ouvriers du Creusot ayant, dans un sentiment it l'élévation duquel l'arbitre tient à rendre hommage, sollicité sa médiation en Ylie de fixer es conditions auxquelles le travail sera repris et s'étant engagés ii exécuter sa sentence.

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