La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

606 LA REVUE SOCIALISTE distinguer: les Italiens sont très supérieurs aux Espagnols, aux frnnçais, comme philosophes, comme saYants, comme artistes. « L'esprit italien est synthetiquc; les Italiens ont herité des Romains l'amour des idées générales; comme les Romains, ils sentent pour ainsi dire la gloire dans la Yigucur, dans l'ampleur des idées, dans l'ardeur des conceptions et dans la rapide intelligence des principes généraux et des conclusions ardemment deduitcs. ii Tout cela est nai sans doute des Italiens modernes. Ciceron, Horace et bien d'autres se plaignent constamment de l'inaptitude de leurs contemporains à la philosophie et aux sciences, mais c'est leur affaire. Ils se calomniaient sans doute. Mais pourquoi les Italiens d'aujourd'hui ne seraitnt-ils pas profonds philosophes, sans êtn: en cela les heriticrs des Romains? L'expression« matérialisi11ehistorique ii est sans doute malheureuse mais elle a fait fortune. Roberto Ardigo l'intcrfrète d'une façon tellement insuffisante et même ridicule que Alessandro Groppali tient dans un article « sur la sociologie et le materialisml;! historique>) à noter cette confusion entre « le matérialisme métaphysique )) et le « matérialisme historique ii. C'est au tour des matérialistes métaphysiques de se plaindre. La science morale :rn sens large est définie par A. Asturaro la recherche des causes des lois par et sui\·ant lesquelles les phénomènes moraux se produisent indépendamment de tonte utilité indiYiducllc ou sociale, de toute aspiration de sentiment si élevée soit-clic. Elle se subdiYisc en: 1) morale proprement dite, causes et lois particulicrcs; 2) sociologie gèncralc. Toutes deux sont thforiqucs. Quant à la morale pratique, elle se subordonne à la science morale comme celle-ci .'t la sociologie géncrale. Ces vues ne sont guère contestces. Ordinairement les statistiques de la population sont quantitati\'es. Elles sont plus rarement qualitati\·es. C'est donc un intéressant essai d-: Rudolfo Bcnini d'aYoir dresse pour l'Italie des tables statistiques et des graphiques de gérarchies sociales, comme il s'exprime. On ne peut les reproduire ici. Il s'agit au fond d'ctablirunc relation entre la courbe de distribution des indiYidus d'un groupe suivant leur degré d'aptitude et celle des titulaires de postes des gérarchies constituées. Par gérarchies on entend les divers services publics ou d'intcrèt geni'.:ral, haut cierge, haute arm~c, haute uni\·ersitc, administrations, justice et le reste. Il existe certainement un lien logique entre les deux ordres de faits. Jusqu\i suc! point la realitc correspond-clic à la logique? C'est à l.i statistique à recueillir les matcriaux nécessaires ,i la solution de ce proble1rn: intéressant pour cc que l'auteur appelle la thcoric qualitati\'e de la popubtion. Les récentes thcorics sur l'heréditc, spccialcment celle de \Vcis mann, tendent, scmble-t-il'. à la mème conception métaphysique de la-

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