IOÜS ET FAITS SOCTAI.ISTES 601 La troisiéme partie du line de Bernstein est scion nous la plus importante, il y traite les gucstions de tactiguc socialiste. li tire des conclusions pratiques de ses prémisses thforiques. Mais si dans ses deux premiéres parties guc nous venons d'analyser il nous ounc des larges horizons, et nous fait pressentir une théorie socialiste plus exacte et plus scientifiqué en critiguant quelques dogmes marxistès, il nous parait au contraire, dans la partie consacrée aux questions de tactique et à l'action immédiate, trop timide et confus. :Jous ne décounons même pas assez clairement cc qu'il entend par socialisme. Sa définition de socialisme, qui est selon lui le régime de l'association et de la coopération, ne nous dit rien sur la question principale, celle qui est l'âme même - ou si YOus pn'.Jércz le corps de notre doctrine - la forme de la propriété. Est-il pour la socialisation des moyens <le production ou non? Nous ne le sa,·ons pas. i\ous ne pouYons pas, en toute conscience, <lire ni oui ni non. Nous voyons assez clairement cc guc Bernstein ne veut pas, mais nous sommes mal renseignés sur cc qu'il veut. 11ne veut pas la révolution violente tout en sachant qu'il ne dépend ni de lui ni de nous de l'empêcher. Il ne n:u,pasl'cxpropriation violente et simultanée Je la c:asse possédante. l-.faisil ne dit pas si une fois au pouvoir nous avons le droit et le devoir de la faire dans la mesure de nos forces et de nos moyens. li ne veut pas que nous combattions la démocratie bourgeoise. Mais il ne dit pas ce gue nous avons à faire si elle s'oppose di rectcment à nos revendications soci:distcs. li ne veut pas que nous nous croyions dés maintenant prêts à prendre le pouvoir dans nos mains; mais il ne dit pas quel sera le signe de notre maturité politique et sociale. li ne ,•eut pas que les socialistes attaquent avec violence l'ordre de choses actuel, mais il ne nous explique pas pourquoi les rbction naires seuls ont le droit d'avoir de l'audace, de nous proYoquer violemment, de nous combattre avec la dernicre energic ... Il ne Yeut pas, pour résumer toute sa pensee, que l'on brusque trop les.choses ; mais il ne nous éclaire pas sur le moyen d'organiser la 1mrche normale et l'érnlution historiqu~. Supposez un homme comme Bernstein pendant une période révolutionnaire en France. Pas un acte Yiolcnt n'aurait trouvé son approbation absolue. Il aurait trouvé scandaleux tout cc que nos péres ont fait pour nous donner le peu de liberté gue nous possédons. Avec toute sa clain·oyancc et sa bonne foi, il se serait placé lui-même hors de l'histoire, qui, depuis le commencement des siecles jusqu'à nos jours, n'est pas taillée sur la mesure que lui accorde Bernstein dans son livre. Tout cela nous parait du mauvais opportunisme. Kautsky lui a bien fait remarguer que la crainte de la victoire ne devrait pas être notre preoccupation constante. Et Bebel a bien fait d'insister au congres de Hanowc sur la necessite pour un grand parti
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