La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE du développement de notre parti. Et ces intl'.:rêtsveulent que nous devenions une puissance qui soit en état de faire valoir dans toutes les questions pendantes de la ,•ic politique et sociale son influence d'une manière efficace. Et il est é\'i<lent que nous ne pou\'ons devenir une puissance sociale qu'à la condition <l'étudier la réalité et Je nous conformer à ses exigences. Cet opportunisme ne renie pas les principes parce qu'il cherche à les réaliser. Mais il y a un autre genre d'opportunisme. C'est celui qui manque en même temps de principes et de courage, qui se plie non aux exigences Je la réalité de l'évolution, mais a celles du moment, :\ celll:s des intérêts immédiats de ceux qui n'ont ni principes à défendre ni idéal social clcvé :\ réaliser. Dans les corps politiques, les mauvais opportunistes seront ceux qui sacrifieront leur credo politique et soci,11 aux intén:ts électoraux, ceux qui dans les grandes questions de Yérité et de justice, regarderont trop « du càté de leur circonscription». Cl: sont les opportunistes par Iàchcté, par insuffisance d'idées générales, par ignoranœ et méconnaissance lks lois de l'éYolution sociak. LLs mau\'ais opportunistes sont ceux qui, trop timides dans le choix de leurs moyens, par crainte de brusquer les choses, s'abstiennent sans cesse et par peur continuelle d'échouer, ne réussissent jamais. Pour cette catégorie de mauYais opportunistes, qu'il serait plus juste d'appeler tout simplement des trembleurs, la vie n'est pas une source inépuisable de moyens à préparer un a,·enir meilleur, mais un sujet d'éternelles inquiétudes. Cc sont les esclaves de la soi-d'isante opinion publique :i laquelle il arri\'e trop souYent le malheur de ne pas aniir d'o?inion, et qui surtout, au lieu de la diriger et de l'éclairer, la courtisent et la subissent. li serait injuste et prétentieux d'admettn.: que cc/le sorte d'opportunistes soit le privilège exclusif des partis bourgeois. Les trembleurs et les timorés sont de tous les partis. Un grand parti comme le parti socialiste, qui a la juste ambition de seconder l'éYOlution politique et sociale dans le sens des principes qui lui sont propre5, qui .1 un grand idéal clair et défini à réaliser, ne peut qu'avoir horreur de ces timorés, de ces socialistes à demi et à quart qui pour I.1 • plupart nP.saYent pas où ils vont et ce qu'ils veulent, qui en tous les cas ne désirent pas ardemment et dl'.:finitivement ce que nous demandons l:n tant que socialistes - la transformation de notre societé sur des bases nettement communistes. * * * Apres ces considérations générales, nous pouvons entrer dans le cœur même des discussions qui passionnent à juste titre les esprits de nos camarades de lutte en Allemagne. L'ïdce qui domine le livre <le

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