LA NATURALISATIO:-;r DES JCIFS ALGÈR!E).;S 5ï9 qu'un clérical? Pouvez-vous m'en montrer? Vous savez bien qu'en Algérie il n'y a pas de cléricaux et ces histoires ne sont bonnes que pour I:i France. » Non, braye Algérien, YOUS\'Ous trompez; il y a des cléricaux en Algérie et il y en a mème beaucoup. Il y en a qui le sont sans s'en douter. Le même hoimne qui YOUSa dit qu'il n'y a pas de cléricaux en Algérie, si mus le poussez un peu, et 'même sans que vous le poussiez, YOus dira pis que pendre des juifs, des protestants, des francs-maçons, sans s'apercernir qu'il lait la plus formelle déclaration de cléricalisme qui se puisse in1.1giner. La raison de cette erreur, fort répandue, qu'il n'y a point de cléricaux ici, est simple. Il y a trente ans, le'Scurés a\'aient peu d'autorité : les é\-éques intelligents comprirent que le clergé dernit se montrer modeste, tolérant, Yoire libéral. Lavigerie fit jouer la Mars,•illaise par ses musiques d'élèves et à ses banquets. Dusserre, qui avait été zoua\'e c:t qui était un fort brave homme, attira du monde dans ses écoles en <lisant qu'il y formerait des hommes surtout. Et on ne pouvait vraiment se défier. La largeur de vues de La\·igerie, le patriotisme de Dusserre faisaient illusion aux pères de familles et, les mères aidant, il y a une bonne partie de l'Algérie élevée clans les maisons cléricales et qui en garde l'empreinte. Aujourd'hui le clergé se sent fort; il déclare ses desseins; il fait marcher les femmes et les enfants et il entraine bien des hommes. Il se croit même assez fort pour jeter le masque. Un de nos concitoyens m'a conté un fait qui prouve cette confiance. Il a son fils au petit séminaire et rnulait le faire sortir pour l'a\'Oir im:s de lui le 14 juillet. Le directeur lui dit: « Prenez-le le jeudi ou le samedi, mais \·endredi c'est impossible, c'est le jour des examens. » Ainsi ces gens-là ont choisi le jour de la Fête nationale pour le jour d'éprem·es. On \'Oufut garder les enfants pour les empêcher de fêter la prise de la Bastille. On ne dit pas plus cyniquement : « Républicains, ms idées ne sont pas les nôtres, vos fêtes nationales ne sont pas nos fêtes » ( 1). Tandis que les naturalises résistent désespérément à l'assimilation par l'école et que le « bataillon » Laferriérc assure le recrutement de l'année noire, les Israélites se precipitcnt dans les écoles laïques et républicaines. Au degré supérieur on cite plusieurs docteurs en médecine ex-internes des plus grands h6pitaux : parmi ces derniers on connaît l'histoire de i'heroïquc Jaïs. A l'Ecole de Droit ils ont conquis les arades les plus éleYés. La plupart ont fait leurs études en· l:> ' 1 ' 1 France, loin de l'Institut somptueux et désert d A ger, ou tous es professeurs accordent leur patronage à une pretendue Association d'étudiants, véritable club antisernite qui exclut systematiquernent tous les étrangers, - et ou les Treille, Colin, Charpentier, \Vaille, et autres Guillemin forment des Milano e tutti q11n11ti. (1) Èdo11ard Cat: Petit Fn11nl du 22 juillet 1899.
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