La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE pêlcrinage de cent va-nu-pieds italiens à la basilique de Notre-Dame d'Afrique « accomplissant ainsi un w:eu qu'ils aYaient fait pour l'acquittement de R<'.-gis », ils ne peuyent plus être niés que par les auteurs intéresses du mal, ces athées qui n'hésitent pas à déchaîner le fleau clérical sur la colonie pour satisfaire leurs appétits électoraux. Un antisémite désillusionné et qui comprend maintenant toute la portée <lumal, un des rares intellectuels d'Algerie, le professeur Car, écrivait n:cemment : Du réveil de l'influence clàicale, nous a\·ons tous, sinon une conscience claire, au moins une vague perception. Dans certains centres, curés, prêtres et chers frères pullulent. Les robes noires sont plus nombreuses aussi dans nos Yilles qu'elles ne le furent jamais, et certains de ceux qui les portent se font remarquer par une allure hautaine, des gestes et des saluts d'importance, un air de gens qui sont les maîtres, que je n'avais n1s jusqu'à présent qu'aux capellans de la catholique Espagne. J'en appelle au souvenir des hommes qui ont dépasse la quarantaine : En était-il ainsi il y a quelque Yingt ans? Tous me répondront : non! Au sortir de 1870, on avait vu nettement en quels abîmes pou nit tomber un peupÎe qui s'abandonne il l'autoritarisme - politique ou religieux, les autoritaires s'entendent toujours - et le prêtre aYait été relégué à l'ombre des presbytères et des églises, et les ignorantins de tous ordres éYitaient de paraître. i\[aintenant les uns et les autres se montrent, croyant que l'heure est \·enue de la domination et de la curée. \' eut-on d'autres signes extérieurs de ce réveil du monde de l'Église? Qu'on regarde les longues théories qui descendent de l'église, le dimanche, après les offices et où, à côté des femmes élégantes, venues pour étaler leur toilette, on \'Oit les maris complaisants aux désirs de leurs femmes, et les fonctionnaires qui espèrent quelque avancement par l'intcn·ention de notre Sainte-Mère l'Église, et les officiers qui veulent être bien notés, et mille autres personnes qui s'imaginent, et souvent avec raison, qu'une teinte de religion est un élément de succès dans la Yie. Qu'on lise ces journaux alimentés par la caisse noire, Crnix ou Se111ai11e. qu'on répand avec profusion par toute la France et même dans notre Algérie, qui, sous couleur de religion, font une toute autre besogne qu'une besogne religieuse! Qu'on voie les jésuitières d'officiers et de fonctionnaires imbus de réaction et de foi passives! Qu'on constate ces fondations de nom·eaux établissements religieux, si nombreux que la prêtraille de France ne suffit pas et qu'on accepte l'étrangère; Alger a ses dames belges, Oran a ses Salésiens d'Italie! Cette influence manifeste, visible, n'est rien encore auprès de l'influence occulte du même parti. Dans maint drame de famille, du monde militaire ou civil, aussi bien que dans la politique, on peut facilement surprendre la main des hommes noirs : on pourrait dire des faits et des noms. i\lais nombre d'Algériens ne veulent pas se rendre compte de cet état de choses ou ne le voient pas. Vous les entendez répéter à satiété : << Qu'est-ce

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==