LA REVUE SOCIALISTE Plusieurs Israélites indigénes sont entrés à l'École Polytechnique, à !'École Saint-Cyr, ont obtenu des licences scientifiques. C'est au point que M. Rcgis Milano écriv:iit le 14 juillet 1897 : « Le nombre des étudiants juifs a décuplé, et bicntè>t b classe instruite et dirigeante de la population d'Alger sera composée de Juifs. » « Ainsi, ajoute 1'!. Rouanet, d'une prt on reproche à cette population des instincts purement mercantiles; et lorsqu'elle sort du commerce pour prendre la culture française, lorsqu'elle entre dans les professions libérales, dans les facultés et les écoles supérieures, on leur reproche d':ivoir un trop grand nombre d'étudiants! » Dans l'enseignement secondaire, si les lycées peuYcnt continuer à prospercr, c'est ;\ la clie1d:le israélite qu'ils le doiYent et il faut reconnaitre qu'elle sait tirer profit des leçons qu'elle y reçoit. Le dernier p:ilmarès du lycée d'Oran mentionne parmi les reçus de l'année scobirc 18~8-1899 cinq Israèlitcs bacheliers. Sur 649 prix distribués, I 19 sont remportés par des Isr:iélites et on compte encore à leur :ictif q8 :icccssits. Au lycce de Constantine, sur 5--1-0 prix ils en obtiennent 47 auxquels s'ajoutent 82 accessits, chiffres bien supérieurs au contingent proportionnel fourni p:ir l'élément juif d:ins la popubtion scolaire. Au collcgc des jeunes filles d'Oran, les Israclites remportent en 1898, 117 accessits et 97 prix. Elles se distinguent particulièrement p:ir leurs succcs aux diplè>mcs de fin d'études secondaires. Où trouYer une prcuyc plus frappante non seulement de l'assimilation, mais encore du désir ardent d'acquérir la culture française, et toutes ces jeunes filles formces dans nos écoles secondaires laïques ne sont-elles pas, beaucoup mieux que les cchappées des couvents, les mcres futures de bons Français? Examinez les feuilles de présence des écoles primaires supérieures, des écoles normales, des cours d'apprentissage et partout Yous constaterez le même fait: la présence d'enfants israélites aYides d'acquérir la mentalité française. Dans les cours d'adultes, même affluence; aussi la municipalité « radicale française », éclairée d'Alger, pense qu'avec l'instruction primaire gratuite, obligatoire, il n'y a pas besoin de cours d'adultes; il y a là pour elle double emploi et elle Ya les supprimer. Passons maintenant à l'école primaire laïque, à ce temple de la démocratie moderne où se forme dans la religion de la Yérité, de l'égalité et de la justice, l'àrne du petit Franç;iis du Yingtième siècle, dans cette maison sainte où l'enfant du peuple vient recevoir le pain de l'âme et communier avec l'humanité. On croira peut-t'.:trc que ces Français de race, chers à M. Laferricre, n'ont rien eu de plus presse que de pousser vers cc temple des temps nouveaux les attardés et
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