LA NATt:RALISATIO!\ DES JUIFS ALGÉRIE~S 5ïï 3° Les imperfections de nos programmes et les fautes commises par nos fonctionnaires ont leur répercussion sur le recrutement de nos élèves, d'autant plus qu'elles sont très habilement exploitées par nos adYersain:s. En cc qui concerne les programmes, il est i1 remarquer 11011 seulement que l'enseignement !11o<lerne recrute plus d'adhérents que l'enseignement classique, mais que partout où l'on a institué des cours prntiques (lyc.:e d'Oran, collège de Philippe\'ille) le nombre des élhes a augmenté dans des proportions très sensibles. Les établissements congrég:rnistc:s de 1cut ordre recourent il tous ks moyens pour détourner de nous i1leur profit les enfants et les familles. Sur quelques points, i1Bàne, par exemple (Ecole primaire des Frères), il faut reconnaitre que leur insullation est supérieure il celle du colkgc \'Oisin et leur local mieux situé. :.\fais la modicité de leurs tarifs, la facilité avec laquelle ils acceptent des reductions de prix, \'Oire même des paiements en nature, rendent leur concurrence plus redoutahk. Le petit séminaire d'Alger (Saint-Eugène) bien qu'il n'appartienne pas a la catégorie des établissements libres d'enseignement secondaire, n'en est pas moins un rival du ly.:êe d'Alger, ainsi que le démontre la progression des élê\'eS accusée par le tableau statistique ci-après: Années Elhe; 1894 29 1895 91 1896 I)) 1897 220 1898 260. L'explication de cet accroissement constant du nombre des élè,·es doit être recherchée non dans l'esprit qui ;mime une partie <le !a population, mais dans les avantages pécunaires consentis par la direction de l'établissement. Les frais de pension, au petit séminJire, ne d.:passcnt pas le prix du demi-pensionnat au lycée d'Alger. Le proviseur du lycée d'Alger constate que le clergè algérien, assez indifférent, en apparence du moins, :'i la question de l'enseignement de l,1 jeunesse, du vivant <lu cardinal La,·igeric, a pris nettement position avec son successeur. Dans les trois départements, on constate un effort considérable du parti cl.::rical pour développer ses établissements au détriment des écoles pub:iques de tout ordre. Avec l'inspecteur tL-\cadémie d'Oran je rnis persuadé que les co1 u1 n!uatio11rsc/iuimses tire11l1·1A1/girie 111g1ra11tlprofit du 111oui•m1e11t " " " a11lisé111ile (1). Ces progrès menaçants du clericalismc signales _rècemme_nàt la Chambre par M. Barthou et par M. Rouanct, q~1 rappelaient le (1) Euquêle rnr l'E11seig11e111e11t s coudnire. - Statistique.- Tome Ill, page 2 39-240. - Chambre des députés. Session de 1899• •
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