La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA RE\'L'E SOCIALISTE nombre d'éli:,·es qui auraient dû venir chez nous et que les péres de Blida et les fréres d'ici ont attin:s chez eux, mais en les évaluant à 25 pensionnaires et à 30 externes, au total 55, je ne crois rien exagérer. » Il me paraît iméressant de citer aus~i, à titre de renseignement, le pa~- sage sui,·ant du rapport du prO\·iseur: « Il est à noter que dans cette lune /'11n111 1 c t'SI co11lre11011sS.es sy,11pathfrs sont /011/,•1pour frs ro11grt>'ga11icsth,·es;;_qui les ~f/icfrrs em•oiml lt'urs e11f,111ts. D:1ns k~ clas~cs élémentaires et primaires du lycée, il n'y a pas d'enfanb d'officiers, nous n'en avons que dans l'en~eignement classique, parce qu'il est à peu près impossible qu'il en soit autrement. Et cependant j'entretiens avec les chefs de l'armée les meilleures relations, mais il n'y a là rien de personnel » ( 1). A Bône, depuis le déchaînement de l'antisémitisme, le collège « a vu constamment diminuer le nombre de ses élèves ». Cette diminution s'explique notamment par « le caractère d'une partie de la population qui, avant de se dccidcr pour le collège, Yeut essayer de l'cnsc.:ignemcnt clérical >>. Dans le département d'Alger on signale le dé\'cloppement que prend depuis 18~5 le petit scminaire de SaintEugene. Synthétisant tous les renseignements qui lui sont transmis par ses subordonnés inquiets de l'hostilité grandissante de l'armée, des fonctionnaires et des Algériens du pays à l'égard de l'Université, le Recteur conclut en ces termes qui veulent ètrc pesés: Outre la rivalité de l'enseignement primaire supérieur dont il vient d'étre question, et celle de l'enseignement primaire même, laquelle est indéniable, puisqu'elle est ~ignalée à hl fois à Constantine, à Médéa, à Mostaganem et à Tlemcen, l'enseignement secondaire public a à souffrir des circonstance <l'ordre moral suivantes: , 0 Les divisions politiques, qui sont si profondes en ce pays et donnent naissance à des difficultés de toute nature. L'a11tisé111itis11m1e, particulil'1·, do11t fr parti clerical semble prendre de plus m plus la direclio11e11Algérie, 11'apas 111a11q11é dt' porlt'r lort ci 110sétablisse111enls. 2° Le réveil de l'esprit religieux dans le public. li se manifeste sur tous les points à la fois. A Constantine le proviseur remarque qu'il n'a plus comme autrefois dans son établissement des enfants non baptisés, ne faisant pas leur première communion et n'appartenant à aucun culte. A Alger, récemment, nous avons dû demander la création d'une aumônerie pour le lycée d'externes de Mu5tapha, dans la crainte de mécontenter la majorité des familles. A Oran, il est « <le bon ton » dans les familles aisées, dit l'inspecteur d'Academie, d'envoyer ses enfants chez les congréganistes plutôt que dans les écoles publiques. (1) l!11q11aseur l'Emeig11e111t1s1u/o11daire. - Statistique. -Tome III, page 236.

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