LA >l'ATURALISATIO>l' DES JUH'S ALGl~RIE:S:S 5ï5 le total des élcvcs étrangers inscrits dans les écoles primaires et maternelles publiques et priYécs atteint seulement 38, 38j. D'ailleurs des que les parents ont quelques ressources ils s'empressent d'c1woycr les enfants chez les congréganistes, oü ils ont pour instituteurs des compatriotes >i (r). Quant aux 140,000 Franç:i.isncs en Alg6ric et que M. Lafcrric:rc proclame <<Français jusqu'aux moelles, où il dccomTc le noyau vital de la race française à venir,, et qui forment d'aprcs lui<<le bataillon qui garde le drapeau», leur mentalité française et rcpublicaine ne se mesure pas seulement aux exccs de tout genre qu'ils commettent, aux mariages mixtes qu'ils contractent avec des ctrangcrcs qui achcvcnt de les africaniser, mais encore aux tendances définitivement cléricales qui se manifestent chez eux sous l'influence hispano-italicnnc. Pendant longtemps, comme nous l'ayons dêja montré, on a pu soutenir qu'il n'y avait pas de cléricaux en Algcric : aujourd'hui le cléricalisme s'y est fortement implanté avec l'antisémitisme qui en est le masque. li ·a pour conséquence naturelle, comme en France, une crise uniYcrsitaire qui commence a scvir. Et.cc ne sont pas des généralités en l'air que nous avançons, mais des assertions fondées sur des documents officiels et précis. C'est dans les rangs de l'armée noire et pour clic que combat l'antisémitisme algérien, malgré la prétendue indc'.·pcndancc philosophique affichée par certains de ses rcprcscntants. l'vl. Drumont était bien digne de le personnifier. En mars 189-1l-e lycée de Constantine comptait 4+7 éleYcs, en 1898 il n'en a plus que lïI. Pour expliquer cette decroissance, le proYiscur ccrit ces lignes instructives que nous empruntons au rapport de l'inspecteur d'Académie: La crise économique se complique de la crise politique qui sévit <la11s la colonie entière depuis près de deux ans. L'agitation qui en est résultée n'est pas, en effet, sans avoir nui au recrutement normal de nos établissements uni ,·ersi tai res. J;'11ji11o,n constate 1111 n'veil de l'esprit Hligieux que les co11gréga11istes exploiteut en redoublant d'efforts pour augmenter le 110111bdre le11s1 élèvl'S. « Ce ne sont pas seulement, dit le proviseur, les frères des écoles chrétiennes de Constantine qui se rendent daris les familles pour demander nos élèves, qui s'opposent par tous les moyens au départ de chez eux de quelques élèves qui voudraient les quitter pour venir chez nous; certains pères de famille adressèrent récemment à l'évêché une pétition pour que l'on ouvrît ici un collège catholique; enfin, les pères de Blida s'en vont dans les campagnes -demander nos élèves, les assurant (je tiens le fait de familles honorables) qu'avant deux ans ils seront bacheliers si on les leur confie. Je ne sais quel est le ( 1) Lcnormcnd: Ouvr~gc cité, seconde édition, pp. 129-13 2.
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