LE Rl".\"E DE PIERRE OA\"A~T 5 1 des assurances soit fondée et légitime. Mon client n'a donc qu'à s \:ngagcr à lui rembourser cette somme sur se:; gains futurs, car le syndicat s'est :1ssuré i elle contre lt: vol, il a payé réguliércment ses primes, et, de son cèné, la Caisse nationale n'entend point renoncer à ses droits, affirmés ici par sa qualité de partie ciYilc. Mais, et c'est à elle que je m'adresse à présent, il a été constaté par le témoignage, ou plut6t par l'aveu de l'administrateur du syndicat, confirmé par le dire de l'expert, que les détournements s'espacent sur une durée de plus de trois années, c'est-à-dire sur quatre exercices. Or, trois de ces exercices n'ont pu être clos qu'aprés Yérification. A ce moment, l'avocat de la Caisse dit simplement, sans se lever: - Le défenseur a raison. :fous abandonnons la poursuite ciYile contre Tourlac en cc qui concerne les exercices clos. L'administrateur du syndicat voulut protester. L'ayocat de la Caisse haussa les épaules. - Soit, fit-il. Assignez la Caisse. Mais tant qu'on n'aura pas établi l'assurance contre l'incurie administrative, nous ne paierons pas. L'avocat de Tourlac reprit : - Cet incident a éclairé le jury, je crois, et nous voici d'accord, en principe et en fait, sur la n'.:paration qui peut être exigée de mon client par ceux qu'il a lésés. Il nous reste à fixer le caractère social, c'est-à-dire humain, de cette affaire. Je me bornerai pour cela au véritable argument, à l'argument capital. Regardez-moi cc gros gaillard au sang chaud, à l'œil émerillonné, et demandez-vous s'il a une mine de caissier. En l'attachant :i une caisse, le syndicat a commis une gra\'e imprudence, j'allais dire cnc Yéritablc provocation. Autant Yalait attacher un chien à un gigot. Chacun à sa place, citoyens jurés, et les choses iront bien. Remettez-moi cc vigoureux mécanicien :i l'étau et faites-lui dl.'.:penserson excédent de vigueur aux rudes besognes manuelles au. lieu de les replier dans de fades occupations de bureau, et, placé dans son milieu, il sera un être normal. Certes, je le bt:une autant que vous de n'avoir pas su résister aux tentations. Mais cela prouve qu'il était moralement inférieur ù la fonction qu'on lui avait assignée. L'eùt-il Yolontairement choisie, cette fonction, on ne devait pas la lui confier. En la lui confiant, on n'a mème pas rempli les conditions de responsabilité qu'on assumait; on ne l'a pas contr61é. Et c'est • cette absence de contr6lc, c'est cette confiance imprudente qu'on allégue contre lui! Songez qu'il n'a pas été seulement encouragé par une impunité de plusieurs années, mais encore et surtout par l'insouciance qui lui assurait cette impunité. Je demande l'acquittement de Tourlac. - li a raison en principe, grommela Lagalinc. Mais c'est tout de même un peu raide.
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