574 LA REYL'E SOCIALISTE Aloer en com1)ao·nic de sa femme et de ses enfants. Cet acte indigne, ::-, 0 '--" que les néo-français citent comme un bel exploit, a soulcvc les « viYes protestations » de la Chambre, et les Français de France ont l'esprit si mal fait que J\I. Rouanct peut provoquer d'unanimes applaudissements en ajoutant ( r) : « Ainsi, Messieurs, voilà à qL1cldegré d'abjection on veut rcduir<.: des citoyens français, que des enfants puissent dans les rues se livrer sur eux à des scviccs. On ne se borne pas seulement à vicier les âmes de la génération actuelle, on corrompt encore l'âme de l'enfance. C'est épounntablc. (Appla11disse111e1à1/ls'extré111c-ga11cbe.) « Quoi! J\Icssieurs, des hommes sont traques comme des bêtes dans la rue, des enfants pcuYcnt soufilcter des vieillards, et Yous restez impassibles! « Et vous nous dites qu'il y a là une question patriotique! Je dis que l'honneur de la France saigne par toutes ces ignom1111es. >> (Appla11dissemwts ri l'extrê111e-gr/llcbeet rnr divers bancs a gauche el a11 ce11lre.) Sans doute ils suivent par milliers en apparence les cours des 1,312 écoles primaires publiques dirigées par des instituteurs qui se sacrifient à la tâche qu'ils se sont donnée. Mais a l'exception de quelques sujets d'clite, ces gamins ctrangcrs sont désespérants. "\'ioknts, malpropres, qucmandeurs rapaces de fournitures scolaires et de vêtements donnés par la commune, impolis, groupés entre eux et parlant obstinément leur langue maternelle, trés fréquemment absents, ils retardent les progrcs de leurs camarades sans s'assimiler l'enseignement qui leur est si libéralement accordé. Écoliers peut-être, élc\'es non pas, - ils traversent bruyamment nos classes, coûtent à l'État beaucoup d'argent, a leurs maîtres beaucoup de peine, prennent la place des Français qu'on refuse de recevoir, - et sous l'influence de leurs mères et de leurs camarades, restent comme devant ignorants, superstitieux, hautains et surtout étra11gers. Ils succombent au poids d'une hérédité d'ignorance plusieurs fois séculaire et fuient instinctivement l'étude, le travail intellectuel. Cette repugnance est telle qu'il faut renoncer à donner aux étrangers même cette légère teinte de francisation reçue après cette \'ague traYersée de l'école - ; la plupart ne ,·culent même pas s'y faire inscrire et arrivent au régiment ne sachant ni lire ni ccrire (2). « Il y a plus de 2 r 5,ooo Europeens 11011 naturalisés en Algérie et (1) Séance du 23 décembre 1898. Discours de M. Roua net, dcputé de Paris. (2) Prenons par exemple ln classe 1893, qui comprend 4,490 conscrits. JI y en a 601 dont on n'a pu Yérifier l'instruction, 198 sachant lire seulement et 55-1 11.: sachant 11i lire ni écrire.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==