LE RÊ\'E DE PIERRE DA\'A::-.:T 559 - Et l'on n'étreint que le vide, ajouta Sounkala. - Je propose un exercice plus substantiel, s'ècria Lagaline. Si vous croyez que votre mctaphysiguc est amusante pour tout le monde. - Cc bon Lagalinc, dit Pierre à l'oreille de Louise, il ne se cloute pas que, quand tout le monde pensera comme nous, c'en sera lait d..: toute mctaphysique .. Dites-moi: Pcu bavard, ,·otrc frère aîné. Je n'ai pas c11corcentendu le son de ses paroles. - Amour contrarie, souflla-t-cllc. C'est pour s'étourdir, je crois, qu'il nous avait entraînés dans cette bagarre. - Vous croyez? Serait-il donc de ceux qui n'aiment pas souffrir seuls? - Ne le jugez pas trop mal, supplia-t-cllc. Songez qu'il est en proie au chagrin. • •- Savez-,·ous, petite amie très chére, que YOusm'ayez fait bien plaisir tout à l'heure. Vous ayez parlé du grand pourquoi et du grand comment ... Si YOus saYiez comme je yous avais mal jugée, le premier jour, sur l'incident de l'araignée ... Qui donc a suscité en vous ces pensées qui font si parfaitement ècho ù mes propres pensècs? - La musique, rcpondit-cllc simplement. Ils devisaient ainsi en march:rnt, à la suite du groupe des èlèYes et des· amis de Pierre, auxquels s'ètait joint le bouddhiste. Lagalinc conduisait la colonne en èchangeant des pbisantcricsavcc Ducharme et son fils cadet. - Les émotions me donnent de l'appétit, fit-il en se retournant ,·ers ceux qui le suivaient. Pour ceux d'entre vous gni se trouvent dans mon cas, je propose un souper en pique-nique. • Parmi les ctu<liants, seuls Sou11kalaet la citoyenne Gauthier accepterent. Les autres prirent congé de Pierre. - Où irons nous? demanda celui-ci. - Où vous voudrez, répondit Ducharme qui Youlait étudier le gendre que sa fille projetait de lui donner. - Si la compagnie d'un persécuté ne \'OUScause aucune gêne, dit le bouddhiste, je serai bien volontiers des vôtres. L'anarchiste protesta véhémentement que nulle compagnie ne . pouvait lui être plus agrèable, en ce moment surtout. - Je propose mon cercle, ajouta-t-il. Pour un modeste écot, nous y serons trcs bien. Quelques instants après, Lagaline et ses compagnons étaient attablés dans la aran<le salle a manacr du cercle Campanella. Les neuf o. n . .convives firent d'abord vigoureusement honneur à la collation qui leur fut servie. Puis, le premier appétit étant passé, la conversation reprit se~ droits. - C'est étonnant, dit le J:iponais, comme la vie de société est
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