LA REVUE SOCIALISTE trophiant la force morale de l'individu, livrant les citoyens aux traineurs de sabre, il ouvre la frontierc au lieu de la prescn·er? ,. * * Mais il ne faut pas compter que les puissances se rendront a l'evidcnce et qu'elles déserteront un systérne qui les ruine et les aflaiblit. Quelle que soit l'issue de ccttc·gucrre, clic plongera l'Angleterre plus a\'ant dans l'organisation qui sévit sur le Continent, et a laquelle jusqu'ici elle s'ctait partiellement soustraite. Chacune des conflagrations qui se sont produites dans le monde depuis trente ans, a laissé dcrriere elle un peu plus d'armements. Vaincue par les Boërs, -et l'hypothesc n'a gucrc de chances de se realiser, - la Grande-Bretagne augmenterait ses effectifs pour renom·clcr plus tard sa tcntati\'c. \'ictoricusc, elle les renforcera encore afin de contenir u:1c population moins docile que ce!le des l ndes, plus frcmissante et plus bel!iqucusc que celle de I' 1 rlandc, et qui, au premier embarras international de sa suzeraine, s'efforcerait de rompre le joug. Enfin les sacrifices nouveaux que les grandes puissances vont consentir, que tout incite it pré\'oir, ne pourront que déterminer l'Amiraute Anglaise it construire de nouYeaux \'aisseaux et le ministcrc de la guerre de Londres:\ assurer plus sericusement la protection du littoral. * * * L'attitude de l'Europe, au moins durant le mois d'octobre et le début de novembre, peut se définir exactement en ces simples mots : les chancelleries cherchent dans la guerre anglo-transvaaliennc un pretexte à majoration des depcnses militaires. La conferencc de la Haye, et ses laborieuses séances, et toutes les pompes dont on a l'entourec, ont été bien vite oubliées par les conducteurs de peuples. A l'heure decisive, quand l'effusion de sang pouYait encore, et devait, (tre arrêtec dans l'Afrique Australe, nulle puissance n'a songé que l'un des protocoles tant prônés <le ce congres fameux l'autorisait a offrir ses bons offices aux belfigérants, et a tenter entre eux un rapprochement amiable. Ni a Paris, ni ù Berlin, ni à Vienne, ni à Rome, ni a Pétersbourg, cc soi-disant La Mecque de la pacification internationale, on ne s'est ému au point de prononcer ou d'écrire les quelques mots qui eussent pu prcvenir le conflit. Et voici donc, après la faillite de la bourgeoisie anglaise, et la banqueroute de ses ctats-majors, l'effondrement de la diplomatie des Deux Mondes. L'Armcnie déjà a\'ait pu succomber sans qu'on s'inquictât: c'était avant la Haye. Pour des raisons plus ou moins Yalablcs, l'Angleterre et les Boërs s'en-
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