La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA CRISE 5t:0-AFRICAl:-.:E 5"15 Cc qui a éclaté surtout depuis le début des operations dans l'Afrique Australe, ç'a été l'impéritie du gouYernerncnt d'Outre-i\!anche, le manque d'organisation Je sa milice, l'insuffisance de ses préparatifs. Depuis trois ans le conflit actuel était machiné arrêté ,·oulu · on sa- ' ' ' vait qu'il devait inhitable:mcnt éclater. Il s'est trouvé qu'ù l'heure même oü les Boërs f'ntraicnt en campagne, - à une date qu'ils n'avaient point choisie, mais qui leur était imposée-, les généraux du Natal et du Cap disposaient d'effectifs ridiculement réduits. Les bataillons britanniques Yoguaient épars sur toutes les mers du globe, quand il cùt fallu les concentrer pour frapper un grand coup. Le général en chef cheminait sur l'Atlantique, au moment même oü par une initiative hardie, les troupes boërs cnleYaient le cinquiémc de l'eflcctif de leurs ad\'crsaircs. Quelle faillite pour les classes dirigeantes du Royau1m:-Uni ! La bourgeoisie n'est donc même plus capable d'organiser la guerre, le dernier instrument de sa domination sur l'humanité, et ses délégués au pouYoir, malgré les millions qu'ils entassent en leurs caisses c.:tles législations draconiennes qu'ils ont forgées, ncsa\'ent même plus dresser le guet-apens international! \'rai ment, b déchéance de cette classe est bien profonde et bien irrémédiable! * * * Avec la faillite de la bourgeoisie, c'est la banqueroute d'un autre état-major. Les bureaux de la guerre de Londres passeront tot ou tard un triste quart d'heure, quand une commission parlemcntnirc examinera les comptes et fixera les responsabilités. Sir Georges White a conduit les opérations avec la même impuissance, la même légéreté que nos Mac-Mahon, et nos Frossard, et nos Failly en 18ïo. La capture des 2,000 Anglais près Ladysm ith rappelle l'extraord inairc surprise de Beaumont, avant Sedan, et l'étonnement que marquait le général en chef dans sa dépêche au \Var Office, hoquc la stupéfaction de nos chefs d'armées de \,Visscmbourg et de Forbach, dcrnnt la tactique supérieure des commandants de corps prussiens. l\lais aussi, le Lcbœuf anglais, lord \.Volseley, avait la même confiance en son étoile, la même foi dans l'efficacité des plans dresses en cabinet, que son émule de l'Empire français. Les mêmes causes entrainent toujours les mêmes effets. Il est curieux de constater une fois de plus que les miiices levées en hâte ont battu des armées n'.:gulières et de longue date entraînées. Les hio·hlanders les réo·imcnts des Indes qui se sont heurtés aux Boi.:rs t> ' b sur les confins de la r atalie avaient derrière eux tout u 11 passé de guerres ou d'exercices rigoureux; ils n'ont pas plus tenu que les Espagnols deYant les Cubains et lr.s Américains. Serait-cela preuve efficace et décisive que le milit_arismeoutrancier va contre son propre but et qu'a35

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