RÉPONSE A MES CRITIQUES SOCIAI.ISTES 537 parler ici d'éclectisme. Le progrês de la science consiste dans la distinction de ce qui est de nature différente. Kautsky lui-même admet que la theorie de la valeur de Marx laisse des vides. li me reproche de vouloir les combler par une introduction d'idées étrangères et hostiles a la théorie marxiste, et élaborées dans un but de réfutation du marxisme. Et après? Le marxisme n'est pas un systcrr.c définitif; il aspire à être une science, et pour la science la question n'est pas de :;avoir dans quel but ou avec quelle intention politique une théorie a été élaborée, mais bien si elle est exacte ou non. La contradiction absolue qui existe entre la théorie de la valeur de travail et la théorie de la valeur d'utilité, pouvait bien exister dans l'idce des économistes qui ont élaboré la derniére pour réfuter la première, mais elle ne doit pas pour cela exister forcément dans la réalité. Il est souYent arrivé, dans l'histoire des sciences, qu'une hypothèse formulée originellement à titre de réfutation d'une autre, finissait par être reconnue comme son complément. Le lecteur constatera la différence qui existe entre ma manière de scruter les problcmes du socialisme, et celle que Kautsky m'a opposée. Ce n'est pas à moi de qualifier cette derniere; il me suffit de signaler la différence pour faire comprendre au lecteur français comment Kautsky a pu arriver à dénoncer mon liYrc comme un abandon complet du marxisme. Quant aux questions pratiques dont je parle, je prie k lecteur de ne pas perdre de vue que je ne voulais jeter qu'un rapide coup d'œil sur les devoirs présents de la socialdemocratic allemande .. Et, en cc qui concerne les questions de tactique, il n'oubliera pas que mes remarques se rapportent à la situation politique actuelle de l'Allemagne et surtout de la Prusse. On sait qu'Engels, quelques mois a\'ant sa mort, a dit que l'intérêt de la socialdérnocratie allemande est d'éviter autant que possible des conflits entre ses forces et la force armée de l'État. Or, si l'on admet cette these, il faut bien aussi en tirer les conséquences. C'est pourquoi j'ai cru utile de me prononcer contre remploi d'un langage qui laisserait supposer que le parti desire, au contraire, provoquer ces conflit5. Ces remarq ucs passagères, adressées à quelques collcgues de la presse allemande socialiste, ont été considérées comme une critique générale du parti, et elles m'ont attiré plus d'attat1ues peut-être que tous mes péchés de doctrine. De même pour mes remarques concernant le libéralisme. Bien -que j'eusse établi une très nette distinction entre le mouvement historique genéral et les partis contemporains qui s'appellent« libéraux», j'ai été accablé de critiques pour avoir défendu « les libéraux » et pour avoir voulu fai_re du parti socialiste une simple annexe des partis
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