La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

532 LA REVUE SOCIALISTE l'opposition que Bernstein fait ù l'idée de l:t nécessité économique du socialisme. » ~!ais si l'on compare mon liwc, on trouvera que mon opposition se dirige contre l'idec de fonder le socialisme cxclusiYement sur sa néccssitt'.:historiquc objecl ii•e. Or, le besoin d'amélioration d'un groupe spécial de la commun:wté n'est jamais une chose objcctin .. On pourrait bien affirmer qu'il n'est pas permis, dans les raisons des transformations économiques, d'employer le mot« objectif» puisque les choses ne s'y font jamais sans l'intervention de l'agent humain. Mais une fois qu'on fait cette distinction entre forces objecti,·es et forces subjectives, on doit aussi s'en tenir au critérium caractéristique de cette distinction. Cc qui forme ce critérium, c'est l'élément conscient, volontaire, intentionné de l'action humaine. Le besoin général de se nourrir est une force objective, mais le désir d'un changement de nourriture est une force subjective. Cc qui est nécessaire pour réaliser une idée ou un but Youlu en dehors des habitudes courantes de la vie, n'est pas objectivement nécessaire, n'est pas basé sur une nécessité objective. Là oü la volante humaine n'indique pas la direction - comme par exemple dans la concurrence - on peut bien parler de force objective. Mais oü elle forme l'élément déterminant, nous avons la force subjective. De même en ce qui concerne ces besoins de la classe ouvricrc dont parle le paragraphe en question du programme d'Erfurt. On peut encore poser la question ainsi : là oü il s'agit de buts vo11l11csolleclive111e11I, il y a dans les mouvements historiques ou sociaux des forces subjectives. Mais là oü il s'agit des rés11ltalssociaux qui ne sont que le produit 11011i11le11/io1rné des agissements d'indiYidus ou même de collectivités, nous avons devant nous des forces objecti,·es. Dans la concurrence économique, chaque individu a en vue des buts ,·oulus, mais le rt'.:sultatgénéral est toujours autre chose que ce que les individus en question ont voulu. Donc le mot objectif est justifie ici (r ). (r) Que cette explication ne soit pas superflue, cela :1 été démontré par quelques p.,s~ag-esdu ,liscours de Bebel où « nécessité objective ., et ccnêcessité en vue de buts déterminés., sont plusieurs fo:s confondues. Ainsi 13cbel me reproche d'être plus rcactionnairc que le professeur « bourgeois » Somban, qui, dans une conférence faite à BrcsLrn, s'est pronotKé contre le nuintien artificiel des petits êtablissemcnts de commerœ. Mais on ne trouvera pas un.: seule ligne dans mon livre où je recommande un semblable mainticn artificiel. Je dis seulement - et c'est cc que Sombart confirme - que ces établissements 11e disparaissent pas a11/o111aliq11e111ent par nécessilé éco110111iq11e ohjtclive. Un autre quiproquo, qu'on trouve du reste aussi chez J(autsky, c'est que Bebel confond cc que je co11sla/e de la distribution du J>rod11einl surpl11s ocial avec une apologie de la distribution du produit de la prod11rtio1t1otale. Au moins les trois quarts du discours de Bebel sont basées sur des erreurs pareilles ..

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