La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

RtPONSE A MES CRITIQUES SOCIALISTES de ne pas suivre ma pensée jusqu'au bout. Ainsi entre autres M. le docteur \,Vcisengrün, dans un pamphlet, intitulé Lrt fi11 du marxisme. li est vrai que je ne suis pas parYcnu jusqu'ici a voir comment, par la lecture de mon livre, on peut conclure a ce cataclysme théorique. Mais a part cela il n'était pas du tout nécessaire, pour ma besogne à moi, de mener à fin toutes les déductions contenues dans cc livre. fi ne s'agit pas d'opposer à la doctrine dite marxiste une autre doctrine ou théorie sociologique. Il ne s'agit pas non plus de réfuter le marxisme. Sous ce rapport, je suis d'avis que le professeur \V. Sombart, qui est généralement considéré comme un des plus spirituels sociologues de l'Allemagne contemporaine, a dit le mot décisif en écrivant que le progrès de la science sociale n'est pas dans la réfutation, mais dans l'assimilation et le déYeloppement des conséquences de l'œuvre scientifique de Marx, mais que cette continuation ne peut pas être menée à fin si on ne fait pas d'abord l'inYentaire critique de la théorie. C'est cc qne Sombart écrivit en I 895, et les événements ont depuis prouvé qu'il aYait raison. Mais nulle part on ne se montre moins disposé, je ne dis pas à eu/reprendre, mais même a nd111eltre cette ocuYrc d'inventaire, que chez nombre de ceux qui forment plus spécialement l'école marxiste, et cela s'explique par deux raisons. L'une est essentiellement sentimentale. 11 est toujours pénible pour les disciples d'un penseur de critiquer son ocunc. Et cela d'autant plus qu'une pareille critique évoque trop facilement le soupçon· d'une présomption personnelle. L'autre raison est que sous le terme marxisme on n'entend pas seulement une théorie scientifique mais encore une doctrine politique. Il est donc tout naturel que ceux qui regardent les deux comme absolument liées et qui tiennent fermement à la doctrine politique arrivent à regarder la critique, même partielle, de la théorie scientifique comme une attaque politique, comme un acte d'animosité à l'égard de la classe que la doctrine politique marxiste préconise comme force dominatrice : le prolétariat. Cependant il est clair qu'avec une pareille conception la théorie doit finir par perdre sa nature scientifique et devenir un credo sectaire, qui, a un moment donné, peut, de son côté, devenir fatal au développement de la doctrine politique, c'est-a-dire s'opposer à son adaptation aux conditions économiques et politiques modifiées. On ~rrive ainsi à la stérilisation de la théorie. Et, il faut le dire, c'est justement cet esprit de stérilisation qui prévaut dans la critique que :n'ont opposée mes coreligionnaires marxistes. Tandis que Marx et Encrels ont vivement combattu l'idee d'une vérité définitive (voir, par t> exemple, l'anti-Dühring) ces critiques ont traité même les parties très H

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